Titouan Perrin Ganier vise une autre médaille mondiale"

07.02.2018

Titouan Perrin Ganier a réalisé la saison parfaite en Cross Country Eliminator en 2017 avec 3 maillots prestigieux: champion de France, champion d'Europe, champion du Monde. 


Dans cette interview il nous livre son impression sur cette incroyable année, analyse celle qui s'annonce, il nous parle de sa préparation, de son nouveau statut, de la vie en équipe de France et bien sûr de la façon dont il utilise ses pneus Continental et son compteur Sigma Sport.

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Pas de souci, vous pouvez l'écouter grâce à notre podcast Top Cyclisme.

 

(Photos Paul Foulonneau).

 

 

 

 Nous sommes début février Titouan, quelle est ta préparation actuellement?

 

Je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas changer une équipe qui gagne, je vais donc préparer la saison 2018 à peu près de la même manière qu'en 2017. 

 

Cela a plutôt bien marché, je ne vais donc pas tout changer… Je fais beaucoup de ski de fond en ce moment, du foncier sur route, de la musculation et quand je fais un peu d’intensités, c’est plutôt sur les skis de fond.

 

Quelle est ta charge de travail en hiver?

 

Je ne suis pas professionnel à plein temps, je suis obligé de travailler pour compléter mon salaire. En fonction de mes contraintes pros, je réussis à tourner entre 12 et 15 heures environ.

 

Tu travailles dans quel secteur?

 

Je suis entraîneur au club de ski de fond de La Féclaz (1319m) au-dessus de Chambéry. J’aime, en hiver, sortir du monde du vélo, voir d’autres personnes, d’autres choses, me mettre aussi un peu en difficulté dans des disciplines que je maîtrise moins comme le ski de fond. 

 

 

 

On se rend compte qu’on parle à peu près le même langage avec les fondeurs, c’est le même esprit. Ca permet aussi de travailler le haut du corps, plutôt délaissé le restant de l’année sur le vélo, et de développer des filières énergétiques sur des efforts proches du cyclisme, sans la monotonie d’être toujours sur le vélo toute l’année. Quand je reprends, je suis frais dans la tête!

 

Tu t’entraines seul ou tu bosses avec un coach?

 

Jusqu’en 2014 je travaillais avec mon père, brevet d’état 2ème degré. C’est lui qui faisait mes plans d’entraînement. J’ai passé mon diplôme d’état d’entraîneur et depuis je gère seul ma préparation. 

 

Je suis également entraîneur pour d’autres athlètes, je propose des plans d’entraînement personnalisés. Maintenant, quand on se prépare seul, il manque la présence d’un confident, quelqu’un à qui l’on puisse parler, mais de ce côté, mon père et ma copine sont là pour m’aider dans des petits moments de doute.

 

L’avantage c’est que je me connais très bien, je sais ce qu’il faut que je fasse et à quel moment, je peux tester des choses sur moi et avoir aussitôt un avis objectif derrière. Cette approche fonctionne très bien dans mon cas.

 

 

Tu coupes l’hiver?

 

Je ne suis pas un coureur qui coupe vraiment, je me prends deux semaines un peu plus relax après les mondiaux, pendant lesquelles je m’entraîne 2 ou 3 fois, et je fais ce qui me plaît. Mais je ne fais jamais de coupures complètes, je trouve que je perds trop. Et puis je suis un peu hyperactif donc j’ai besoin de me dépenser!

 

Pourquoi avoir choisi le XCE? Tu as insisté dans cette discipline, y compris quand le mondial n’était pas organisé.

 

J’ai un passé en cross-country olympique assez correct, j’ai été champion de France juniors. J’ai toujours été très bon sur les départs, les derniers tours, les circuits nerveux. Mes qualités physiques et physiologiques sont très adaptées aux efforts courts.

 

On naît tous avec des qualités spécifiques. Mon frère par exemple est très bon en endurance et moins fort sur le court. Après, cette discipline me convient aussi très bien mentalement. Je suis capable de me mettre dans des états seconds quand il y a beaucoup d’enjeu. Je fais monter l’adrénaline, et ce boost de « nitroglycérine » n’est pas vraiment possible en cross-country olympique. L’approche mentale diffère. La mienne est adaptée au XCE.

 

J’aime aussi la confrontation, la bagarre, être concentré sur toute la course. C’est vrai que j’ai continué même quand la coupe du monde a été abandonnée parce que, quand on obtient des résultats dans une discipline, c’est toujours gratifiant et ça motive.

 

Mais je suis polyvalent, je n’ai jamais vraiment abandonné complètement le XCO, je fais aussi du e-bike en hiver, je suis un amoureux du VTT, j’aime toucher à tout, mais c’est surtout en XCE que je suis vraiment performant.

 

Dans la finale du mondial en Chine, tu prends un départ explosif et tu restes en tête. Le XCE n’est-il pas un peu comme la F1, celui qui réussit son départ a 90% de chances de s’imposer?

 

Oui sur certains parcours, non sur d’autres. C’est vrai qu’on aurait pu croire ça sur le circuit du championnat du monde, mais il était très long, il y avait quand même des parties pour doubler, il était très technique. Je suis l’un des meilleurs mondiaux au départ, voire le meilleur. C’est mon gros atout. Ce jour-là j’étais dans une forme exceptionnelle et je crois avoir été le meilleur sur toutes les parties.

 

 

« SUR UNE FINALE MONDIALE, IL N’Y A PLUS DE COPAINS »

 

 

Ma tactique en finale était simple: partir à fond, leur faire mal à la tête d’entrée, les écoeurer tout de suite. Mais si ça avait vraiment bagarré, il y avait moyen de doubler sur ce parcours, aucun souci.

 

A combien monte ton coeur sur une course pareille?

 

Autour de 200 battements, voire plus. Si on prend un coureur comme Julien Absalon ou le biathlète Martin Fourcade, ils montent beaucoup moins haut mais sont capables de descendre vraiment bas. Eux sont performants sur de longs efforts. A 26 ans je monte encore très haut, c’est une question de génétique. Je suis un peu le « Usain Bolt du VTT », sans fausse modestie.

 

Comment tu bosses ton explosivité? 

 

Le départ, même si cela semble simple, est assez technique quand même: le placement de la pédale au départ, l’angle de la manivelle, la façon dont il faut passer les vitesses et à quel moment, les braquets de départ…Je travaille beaucoup ces aspects. 

 

Etant un précurseur sur le XCE j’ai eu le temps d’optimiser la partie technique du départ, tout cela grâce à l’expérience. Je le répète: j’ai des qualités innées indéniables mais je travaille beaucoup. J’ai bien sûr des petits secrets d’entraînement que je ne peux révéler pour ne pas en faire profiter la concurrence.

 

 

 

Vous étiez rivaux avec Lorenzo Serres sur cette finale mondiale en Chine. Quelle est l’ambiance en équipe de France, entre solidarité et concurrence?

 

Cela se passe plutôt bien, mais il y a toujours des gens avec qui on partage plus que d’autres. Sur le mondial il y avait aussi mon pote et coéquipier Hugo Briatta. On s’entend très très bien, on est toute la saison ensemble, on a nos habitudes de reconnaissance qu’on fait souvent ensemble.

 

Maintenant, sincèrement, sur une finale mondiale il n’y a plus de copains et de coéquipiers qui tiennent. C’est sûr que, si je me retrouvais dans un virage à frotter avec un coéquipier de l’équipe de France j’irais moins au contact qu’avec quelqu’un d’autre. Mais il n’y a pas de course d’équipe. Avant la finale on était chacun dans notre bulle, on ne s’est pas trop parlé avec Lorenzo.

 

Six mois après ton titre, quel est l’impact réel d’un maillot de champion du monde? Plus de sponsors?

 

Pour la recherche de sponsors techniques, pour moi et le team, cela a été un gros plus. Toutes les négociations qui étaient bloquées sur du « peut-être » avant le mondial sont devenues « 100% sûr » après, et même un petit peu plus que prévu.

 

D’un point de vue personnel j’ai cherché beaucoup de partenaires ces derniers temps. Rien n’est vraiment encore sorti, mais au moins quand je me présentais en tant que « champion du monde », j’étais bien reçu. Beaucoup plus de reconnaissance.

 

J’ai aussi été élu sportif vosgien de l’année. Les médias s’intéressent plus à moi et à ma discipline. J’essaie de me rendre disponible au maximum pour valoriser mon sport, comme un ambassadeur.

 

Il faudra davantage d’engouement autour du XCE pour que ça décolle réellement.

 

Justement, qu’est-ce qui manque à cette discipline pour franchir un palier de notoriété?

 

Très simple: une couverture télé régulière. Tous les sports retransmis à la tv s’en tirent bien avec les sponsors. Le XCE a tout ce qu’il faut pour plaire à la télévision: circuit court, course dynamique, ça va vite, il y a des sauts engagés, c’est incertain jusqu’à la ligne…quand le parcours est bien tracé et qu’il y a du suspens c’est top et facile à mettre en images.

 

Il faut aussi que la fédération assure la promotion de la discipline. L’Equipe TV était, je crois, satisfaite de ses retransmissions sur le mondial en Chine.

 

N’est-ce pas compliqué d’aborder 2018 après avoir réalisé la saison parfaite en 2017?

 

Ce sera très dur de faire aussi bien, presque impossible de faire mieux. Pour cela il faudrait que je remporte aussi le général de la coupe du monde. Or je n’ai même pas prévu de me déplacer sur toutes les manches cette année…

 

Mon objectif c’est déjà d’essayer de conserver mon maillot de champion de France, auquel je suis particulièrement attaché. Etre champion national c’est beau et j’en rêve depuis ma jeunesse.

Mon autre objectif est de ramener des médailles du championnat d’Europe et du mondial.

 

Cela peut paraître modeste après ma saison 2017 mais il ne faut pas oublier que sur un grand championnat, les trois premiers se valent et c’est le plus fort psychologiquement - avec un peu de réussite aussi comme moi l’an dernier - qui s’en tire.

 

C’est certain, j’aurai une énorme pancarte dans le dos en 2018. Je serai attendu et tout le monde voudra me croquer, ce sera forcément plus compliqué.

 

Quels seront tes principaux rivaux? Les valeurs montantes?

 

Il y a deux gros épouvantails du XCE qui sont là depuis le début, un peu plus vieux que moi. Il s’agit d'abord de Daniel Federspiel, champion du monde en 2015 et 2016, qui n’a pas fait une super saison en 2017 mais qui voudra se venger en 2018, à plus forte raison parce que les championnats d’Europe sont chez lui en Autriche. Daniel est très complet et sait parfaitement préparer ses objectifs. Je me méfie vraiment de lui, ce sera un gros client l’an prochain.

 

L’autre gros costaud c’est Simon Gegenheimer, vainqueur de la coupe du monde cette année, vice-champion du monde 2016 et 2017, très régulier, il faudra compter sur lui.

 

Derrière, on ne va pas se mentir, ce sont les Français. Hugo Briatta, qui a commencé le XCE en début de saison et gagne déjà une manche de coupe du monde, signe le meilleur temps de la qualif des mondiaux… Hugo, va encore gagner en expérience cette année et sera très fort à mon avis. De belles bagarres en perspectives!

 

 

 

Quel sera ton premier rendez-vous?

 

La première manche de coupe de France à Marseille. Je ne débuterai pas avant. Le mondial est encore assez tard, en novembre 2018, je préfère décaler ma saison, commencer un peu tard, doucement, et monter en pression jusqu’au mois de juin comme l’an dernier pour avoir encore la fraîcheur physique et la fraîcheur mentale de m’infliger de lourds entraînements avant le mondial. Cela avait marché l’an dernier donc je repars sur cette approche.

 

Quels pneus Continental utilises-tu en fonction des circonstances météo et des terrains?

 

J’utilise beaucoup le combo Cross King devant et Race King derrière. En XCE je les prends souvent en 2.2 devant et 2.2 derrière. En fonction des parcours ça m’arrive de monter le Cross King en 2.3 devant, je l’avais au championnat d’Europe par exemple, où c’était glissant avec de petits cailloux.

 

J’ai toujours le Cross King devant en version protection renforcée, parce qu’on va très vite en XCE, on met beaucoup d’appui dans les virages et j’aime bien avoir des flancs un peu plus rigides pour pouvoir dégonfler et avoir un pneu qui se déforme moins dans les virages.

 

Après, en fonction du parcours et de ses obstacles, je décide si je monte le Race King derrière en tringle souple ou en tringle protection. Sur les championnats d’Europe je l’avais monté en souple parce que ça ne tapait pas trop, sur sur le mondial on avait des escaliers et j’avais opté pour les tringles protection pour assurer et ne pas crever.

 

Il peut m’arriver de monter le Speed King derrière si c’est vraiment que de la route (avec un Race King devant).

 

Tu utilises aussi un compteur Sigma Rox 12 et les plaquettes Swissstop…

 

Absolument. Nous avons un contrat avec Rotor qui nous fournit un capteur de puissance, j’utilise donc le compteur Rox 12 à chaque sortie, à VTT ou sur vélo de route, pour le suivi de l’entraînement sur la plateforme Sigma, l’analyse des séances en fonction de la puissance.

 

Je l’utilise aussi toujours en XCE parce que je mets mon vélo d’entraînement, équipé d’un capteur de puissance, sur le home-trainer et je peux ainsi calibrer mes échauffements en fonction des watts.

 

Et puis j’ai toujours la fréquence cardiaque avec moi. J’aime bien aussi avoir un petit chrono devant moi et le compteur Sigma est assez ergonomique, facile d’utilisation, pas lourd, je le prends même en course pour analyser mes courbes après la compétition pour voir la dégradation de la forme tout au long du tournoi.

 

 

 

 

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