Le fun est l'essentiel pour les Ticket 2 Ride

23.10.2018

Les Ticket 2 Ride sont nés avec un objectif: partager leur passion et transmettre une autre idée de leur discipline. Le groupe a beaucoup évolué au fil des ans et de la vie en général. Aurélien Falbo, l'un des fondateurs, raconte l'origine du groupe et leur évolution.

 

 

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Vous pouvez simplement l'écouter grâce à notre podcast Top Cyclisme. Vous pouvez vous abonner et recevoir directement les nouvelles interviews sur iTunes, Deezer, Spotify, GooglePlay, TunIn et Soundcloud.

 

 

Comment est né le projet Ticket 2 Ride?

 

Cela remonte à 2013. Trois personnes sont à l’origine du groupe. Sandra Martinez, qui n’est plus dans l’équipe aujourd’hui (elle a complètement arrêté), ma soeur Emilie et moi-même. Aurélien Lopez nous a rejoints rapidement mais il a arrêté la discipline il y a 2 ans.

 

On partageait la même passion et on avait envie de la partager en envoyant une autre image de ce sport aux autres. On est partis sans prétention, le projet a décollé au fil des ans et des partenaires nous ont rejoint.

 

Aujourd’hui nous sommes six: Emilie (qui roule plus vite que moi ou presque) , Steven, Thomas (le "déglingo" de l’équipe, spécialiste en chutes), Sylvain (très « race » descente), Rémy (un pilote « lambda » sur le vélo mais avec qui on passe toujours des moments exceptionnels) et…moi.

 

Pourquoi ce nom et pourquoi un nom anglais? Est-ce ringard d’utiliser le français dans cette discipline?

 

Non pas du tout ! Au tout début on se cherchait un nom et on a été faire une course de descente près de chez moi. Sandra a participé à une tombola et la personne lui en a donné un deuxième. Cet « autre » ticket était le ticket gagnant de la tombola! Sandra s’en est aperçue après notre départ.

 

Le ticket a été appelé des dizaines de fois mais nous étions déjà sur la route pour rentrer à la maison. L’histoire nous a beaucoup fait rire et on a cherché un jeu de mots. Nous étions deux filles et deux garçons, alors on voulait aussi utiliser le 2. Voilà comment est né Ticket 2 Ride, « un billet pour aller rouler ».

 

 

 

Parle-nous de cette saison 2018.

 

Ce fut une saison particulière…moi je me suis marié et les préparatifs m’ont pris un temps monstrueux, j’ai cédé le projet à Steven. On s’est orientés sur des nouveautés. Un peu lassés des courses on a voulu faire autre chose, on a soutenu des projets locaux, notamment l’opening de la Bande à Papy qui se déroule en Ardèche. 

 

 

"IL N'Y A PLUS LA CAMARADERIE D'AUTREFOIS SUR LES COMPETITIONS, LE PROFESSIONNALISME PREND LE DESSUS"

 

 

Il s’agit d’une petite association qui « shape » un spot phénoménal, très peu connu des riders. Le spot propose une piste de dual slalom fantastique, des jumps comme on n’en trouve nulle part ailleurs dans ce coin là (et c’est ouvert toute l’année), une piste de DH fabuleuse…

 

Quand l’événement a lieu il y a un superbe barbecue avec apéro, on aime soutenir ces associations locales qui développent ce sport, à la cool, avec le partage au centre, la découverte de nouveaux lieux et personnes. C’est aujourd’hui notre priorité, parce que l’aspect compétition va dans une direction qui ne nous ressemble pas vraiment.

 

Tu regrettes cette évolution vers trop de professionnalisme et la disparition de la camaraderie d’antan…?

 

Je ne suis pas vieux mais un peu quand même dans ce sport, je ne peux pas parler de ce qui se passait il y a 20 ans, mais il y a 10-12 ans, moi je me pointais sur une course avec un Ancillotti et une Monster T qui avait déjà 10 ans et ça ne choquait personne à l’époque.

 

On avait un gars, Benoît, qui partait du sommet de la piste sans pratiquement avoir dormi. Tout cela on ne le voit plus, à mon grand regret. Il y a encore quelques teams qui mettent le feu le soir, je pense en particulier à une équipe de Drômois. Mais sinon les gens surveillent leur alimentation, leur sommeil…

 

Quels sont les projets qui vous font rêver?

 

Le rêve absolu de la plupart des pilotes du team ce serait d’aller à Whistler ou une station mythique équivalente. Personnellement, avec l’aide de ma soeur et des autres pilotes, j’ai pu participer aux World Masters Championship qui se déroulaient en Andorre. 

 

Ce n’était pas le statut de la piste qui m’intéressait, c’était surtout de rouler une piste de coupe du monde. Quand on voit les compétitions à la télévision, on ne s’attend pas à une telle pente et à un tel niveau d’engagement. C’est la piste la plus dure que j’ai pratiquement et paradoxalement la meilleure.

 

 

Quand tu prends le départ tu ne sais pas dans quel état tu arriveras en bas. Pendant que tu roules, toute ton attention est sollicitée, toute la technique est engagée. Quand j’arrivais en bas j’éprouvais un bonheur phénoménal.

 

Sinon je viens de m’inscrire à la Mountain of Hell. J’aimerais bien, si le calendrier le permet, participer aussi à la Mega. Je me tourne vers une pratique plus enduro, j’ai davantage de craintes en descente suite à une chute il y a deux ans (clavicule cassée). 

 

Il y a toujours un avant et un après gamelle…

 

Quand on est jeune on se relève et on repart quand on prend de l’âge on se relève plus grand dans la réflexion (sourire). Il y a aussi des gens capables de faire abstraction de ce qui leur est arrivé, je les félicite. Ce n’est pas mon cas. Maintenant je n’abandonne pas complètement la descente, j’aime trop les sensations qu’elle génère.

 

On avait abordé le sujet dans une interview avec Cyrille Kurtz, tu penses que ça roule plus vite maintenant parce que les pilotes sont meilleurs ou parce que le matériel a évolué?

 

Bon je ne suis pas au niveau de Cyrille…donc je vais répondre très humblement. Je pense que la taille des roues c’est une histoire commerciale, on veut nous vendre de la roue et le matos qui va avec.

 

Certains pilotes réussissent à rouler très vite en 27.5. D’autres roulent à des allures monstrueuses en 26 pouces, je me rappelle d’un run de Sam Hill en Coupe du Monde. On se souvient aussi tous de Dany Hart…

 

A mon niveau, j’ai vu une évolution avec le 27.5. Effectivement ça roule mieux. J’avais une crainte, que ça tourne moins bien. L’augmentation de la vitesse en Coupe du monde est aussi due au fait que les pistes sont dessinées pour aller bien plus vite qu’avant.

 

Quelles sont les probables évolutions à prévoir? Les gens vont se tourner en masse vers l’enduro? 

 

Selon moi la descente va continuer d’évoluer dans la même direction. On va toujours rechercher mieux dans le matériel. Quand j’ai commencé à suivre ce sport, les « fous du guidon » gagnaient (Céric Gracia s’est fait une réputation de barjot).

 

Puis Sam Hill est arrivé avec une préparation physique supérieure aux autres. Depuis, Aaron Gwin qui a encore poussé la préparation plus loin et avec un toucher de guidon génial.

 

Et maintenant on s’aperçoit que les enduristes, qui eux ont de la borne dans les jambes et une approche plus endurante, arrivent à gagner des coupes du monde en sortant de nulle part. Les deux discipline vont évoluer parallèlement. Les enduristes vont venir sur la descente et les descendeurs vont se sentir obligés d’aller toucher de l’enduro pour être à la hauteur.

 

BONUS: LE TUTO DES TICKET2RIDE

 

Le matériel va continuer d’évoluer. Il y a 10-15 ans les vélo de descente dans un « shop » de vélo étaient intouchables pour un petit jeune sans trop de moyens. Aujourd’hui, des marques comme Commencal et YT ont des produits abordables certains shops font des facilités de paiement. J’encourage les jeunes à aller dans les magasins.

 

On a tendance à oublier qu’un magasin de vélo peut aussi faire du social. Je remercie d’ailleurs le magasin de Montélimar tenu par Yvan Specogna qui m’a toujours aidé. Quand j’avais un dérailleur cassé il m’en trouvait un vieux qui allait bien… Quand je repasse dans le coin, je m’y arrête pour discuter un peu.

 

Quel est ton pneu Continental préféré?

 

Je n’ai pas encore testé les Baron Projekt mais j'en entends de très bons retours du team, je vais donc parler du Kaiser Projekt. Ce pneu m’a stupéfié quand je l’ai eu. Il a une extraordinaire adhérence latérale sur le sec ou terrain meuble. Sa longévité, son accroche et sa résistance aux pincements m’ont bluffé. Bien sûr, si tu fais du pierrier il finira par pincer, mais avant il faut y aller ! 

 

Mon pote Thomas, qui roule avec des pressions de 1,6 ou 1,5 ne le fait pas pincer plus que les autres. Sa structure déforme bien sur les appuis et ne s’abîme pas. Je le teste en ce moment en enduro version tringle souple, je m’aperçois que le pneu roule bien. J’en ai 3 paires d’avance, c’est mon préféré.

 

 

Pour la boue, j’ai été favorablement surpris par le Mud King, dans la boue tu as l’impression de rouler sur le sec, il te met en sécurité. Il a le même profil, avec une usure très mesurée et la gomme, qui a tendance à être dure chez les concurrents, garde de la souplesse. 

 

PS: merci d'avoir pris le temps de lire cette interview. Si vous avez aimé, merci de partager, ça compte pour nous. Merci 

Facebook
Twitter
Please reload

 ARTICLES RECENTS
Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - White Circle

Guyonneau Distribution France