Morgane Such veut se faire plaisir en 2018

18.05.2018

Morgane Such a tout pour plaire. Féminine et élégante au quotidien, elle se transforme en guerrière sur les pistes d'enduro où ses trajectoires sont rapides et risquées.

 

Très suivie sur les réseaux sociaux (Instragram, Facebook), elle vient d'arrêter sa carrière pro pour se consacrer à la communication. Mais elle sera bien présente sur les manches de Coupe de France et certaines épreuves comme la Maxiavalanche. Entretien avec une fille qui joue des coudes avec les garçons.

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview et vous préférez entendre la voix de Morgane? Très bien, il vous suffit de cliquez sur notre podcast ci-dessous.

 

 Quand as-tu débuté le vélo Morgane?

 

 J’ai commencé très petite. Mes parents m’installaient déjà à l’arrière sur un siège et j’ai rapidement commencé la compétition en club parce qu’ils voulaient se débarrasser de moi le mercredi (sourire). 

 

J’ai commencé par le cross-country et je suis arrivée à l’enduro dès l’âge de 15 ans. Coup de coeur immédiat. J’ai commencé à l’enseigner. Des compétitions régionales je suis passé à celles nationales, puis en 2012 à celles internationales (Maxiavalanche et autres mass-start européennes).

 

Ces deux dernières années, j’ai eu un contrat professionnel, je roulais en Coupe de France, Coupe du Monde. J’ai par ailleurs commencé à travailler et suite à une grosse blessure, j’ai fait le choix d’arrêter ma carrière pro mais je continue bien sûr le vélo, avec en parallèle mes activités dans le monde de la communication.

 

 

Quels sont vos points forts et faibles dans le pilotage?

 

Mon point fort est incontestablement la technique, je suis vraiment très technique, j’arrive à franchir beaucoup d’obstacles, à prendre des lignes qui sont parfois très engagées sans avoir peur, dans les spéciales je choisis la ligne la plus rapide.

 

Mon point faible est la conséquence directe de mon point fort: avec le stress et la fatigue en compétition, je commets plus d’erreurs et je tombe souvent. Sur les Coupes du monde cela a toujours été un élément négatif. En reconnaissance je passais très bien et le jour J je signais des temps pourris parce que je faisais trop de fautes.

 

 

Quelle est l’ambiance réelle dans le monde du VTT féminin, entre amitiés et rivalités…?

 

C’est vrai que c’est un peu spécial…et ça dépend des disciplines. Dans le cross-country c’est différent de l’enduro. En enduro les filles ne sont pas nombreuses. On est quand même assez solidaires. On s’entend toutes très bien en dehors du vélo. J’ai beaucoup de copines que je côtoie depuis plusieurs années et que j’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver sur une course.

 

Cela étant dit, on est en compétition les unes avec les autres, quand on est sur le vélo il y a bien sûr de la rivalité, on regarde ce que les autres font, leur état de forme. Maintenant, sur une Coupe du monde par exemple, dans les liaisons avant le départ d’une spéciale, on est toutes là à rigoler, à se donner des conseils, à s’entraider. 

 

La rivalité ne dure que le temps du chrono. Comparé à d’autres sports il n’y a pas de chamailleries, de plus en plus de filles arrivent, ça va bien évoluer je pense.

 

Sur le plan économique, quel est votre regard sur le développement du VTT féminin? Assez de sponsors? Qu’est-ce qui pourrait être fait?

 

La situation est compliquée, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai arrêté. Chez les filles, soit on est dans le top 5 mondial, et on réussit à avoir un bon salaire et un team qui prend en charges tous les déplacements et les frais, soit on fait comme moi, on prend sur son salaire pour faire face aux dépenses et aux extras.

 

Si on se situe plus loin que les 5, 6, 7 ou 8 premières mondiales, il faut faire énormément d’image et de communication pour les sponsors ce qui va forcément ralentir ton entraînement et la progression si on veut, justement, entrer dans le top 5 mondial.

 

Chez les filles soit on est devant dans la performance, soit on est à fond dans l’image pour ses sponsors personnels, et pour moi ce sont presque deux « jobs » différents au sein d’une même discipline.

 

"Je suis une casse-cou et pleine de bleus, mais je n'ai jamais caché ma partie féminine"

 

 

Quels sont les rapports entre le monde féminin du VTT et celui des garçons? Existe-t-il encore une forme de condescendance des hommes?

 

Honnêtement je n’ai jamais vraiment eu de problèmes avec les garçons. Je roule avec des coureurs qui font des top 10 en Coupe du monde, je roule avec eux tranquillement depuis des années, jamais personne ne me regarde de haut ou ne râle parce qu’il doit nous attendre.

 

Il peut y avoir de petits soucis quand je dispute des épreuves mixtes où je me retrouve avec des garçons qui sont moins du milieu de la compétition. Je ne dirais pas qu’ils sont « machos » mais ils ne sont pas habitués à côtoyer des filles qui roulent bien et ne les laissent pas passer, leur disent de bouger ou roulent mieux qu’eux… Mais c’est plutôt rare, donc pour résumer, il y a une bonne entente entre filles et garçons sur un vélo.

 

Aujourd’hui vous travaillez à temps plein, à quoi ressemble donc votre semaine d’entraînement dans ces nouvelles conditions?

 

J’avoue beaucoup moins rouler qu’avant. La saison dernière je m’entraînais au moins 4 à 5 fois par semaine, je faisais du vélo au moins 3 fois par semaine en alternance avec des séances en salle de sport. Le dimanche je faisais une grosse sortie, je faisais au moins 2 séances de fractionné dans la semaine. Deux jours de repos maximum.

 

Aujourd’hui…je vais à pied au travail le matin pour continuer de faire du sport. Le midi j’essaie d’aller courir un peu ou je fais à la piscine. J’habite en centre-ville de Marseille, je ne peux pas prendre mon vélo et faire un petit tour en 1h30, ce n’est pas jouable.

 

Les journées sont maintenant plus longues, je vais pouvoir commencer à prendre mon vélo juste après le travail le soir pour faire des petites sorties et commencer le fractionné. Pour compenser, je passe vraiment mon week-end sur le vélo, le samedi une longue sortie foncière et le dimanche une autre sortie longue mais avec de la technique pour travailler mon pilotage. Après je jugerai ma forme d’une compétition à une autre.

 

 

Justement, quels sont vos objectifs en 2018?

 

Je vais faire au mieux. Je constate sur le vélo que même avec beaucoup moins de préparation je me sens bien. Je vais essayer d’être présente sur le plus de courses possible. Je chercherai à toujours progresser d’une manche à une autre.

 

Je suis curieuse de voir comment évolue mon niveau. J’ai commencé la compétition quand j’étais au lycée et je ne pouvais m’entraîner que le week-end. De course en course, j’arrivais en forme en milieu de saison. Cette année ce sera un peu pareil, je ne me prends pas la tête et je prendrai beaucoup de plaisir parce que j’ai moins de pression qu’avant.

 

Vous avez entouré sur le calendrier une épreuve en particulier?

 

Non, je n’ai pas fixé d'objectif précis, je vais disputer beaucoup de Coupes de France, à exception de la première et de la dernière. Je ferai toutes les autres, Allos, Val-d’Isère…et je voudrais aussi m’inscrire à la Mégavalanche. Sinon je participerai à des courses régionales. Je ne me mets aucune pression cette année, je prendrai les courses les unes après les autres, si ça se passe bien tant mieux. Je m’attacherai aussi à faire quelques vidéos sympas pour représenter mes partenaires au mieux.

 

 

 

Vous êtes très suivie sur les réseaux sociaux, comment expliquez-vous votre popularité?

 

Je pense être une fille assez sociable, je me rapproche beaucoup des gens, je réponds à tous ceux qui me posent des questions tant sur les courses que sur Internet. Je partage des moments de ma vie, je sais ce qui intéresse les gens et ça me fait plaisir de le raconter. Bon je suis aussi crédible sur un vélo, j’ai quand même eu des résultats et ça compte. Moi je suis ravie d’avoir autant de « followers » et ça me pousse à continuer à communiquer de cette façon.

 

Parmi vos fans, quelle est la proportion de filles et celle de garçons?

 

Beaucoup de garçons mettent des "Likes" ou commentent, j’ai vérifié…après c’est normal, le VTT est quand même un milieu plutôt masculin. Les filles qui me suivent sont de vraies passionnées qui me posent des questions et que je conseille. Elles me demandent un avis sur des marques de protections, de casque…on échange beaucoup.

 

 

Vous êtes partenaire d’IWC, une grande marque de luxe: le VTT et les montres précieuses, un partenariat auquel on ne s’attend pas vraiment...

 

J’ai rencontré cette marque grâce à mon ancien team et on continue de travailler ensemble, ils utilisent encore mon image et associent leur marque à l’idée de performance. Je n’ai par ailleurs jamais caché mon côté hyper féminin dans le monde du vélo. Je suis une casse-cou, je suis pleine de bleus, mais je suis une vraie meuf au fond, on ne peut vraiment pas me l’enlever. 

 

Si on me voit en dehors du sport, on ne peut même pas penser que je fais du vélo et inversement quand je roule dans la boue on ne peut même pas imaginer que je peux être une vraie fille quand je suis avec mes copines à Marseille. IWC est le sponsor qui me représente bien en dehors du VTT et de l’adrénaline.

 

 

Parlons des pneus Continental que vous utilisez depuis 2 ans. Quels sont vos préférés?

 

Il faut savoir que je roule à 80% avec mon vélo d’enduro et très peu sur route. J’utilise la plupart du temps les Baron Projekt parce qu’ils vont partout.

 

Autour de Marseille il y a de la caillasse et le nouveau modèle, doté d’une carcasse encore plus solide, tient très bien. Je n’ai aucun problème avec. Dans la terre c’est génial. Je roule toute l’année avec, sauf par temps de grosse pluie où j’utilise les Mud King.

 

Peu importe le terrain, je suis tellement habituée à ces pneus que je ne veux même pas les changer parce que sinon je ne serai pas bien psychologiquement!

 

Pour suivre Morgane Such: www.morganesuch.com

 

 

 

 

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