Kévin Rundstadler, le triathlète qui monte

15.01.2019

Kévin Rundstadler, 6ème de l'Embruman 2018, est le triathlète français qui monte sur les courses Ironman. Dans cette interview il parle de son changement de club, de sa nouvelle façon de s'entraîner, de l'ambiance dans le monde du Tri, des performances sidérantes de certains athlètes. il évoque aussi sa grande passion en dehors du sport et la diététique.

 

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Vous pouvez simplement l'écouter en cliquant sur la bande-son ci-dessous. Notre podcast Top Cyclisme est disponible sur iTunes, Deezer, Soundcloud, GooglePlay, TuneIn (Alexa), Spotify.

 

 

Kévin, présente-toi pour ceux et celles qui ne te connaissent pas encore.

 

J’ai 24 ans, j’ai commencé le triathlon à 17 ans. Je viens de la natation. Un ami nageur me parlait souvent de l’Embrunman dans les vestiaires et ça m’a donné envie d’essayer un été. J’ai aussitôt aimé la discipline, le côté ludique par rapport à la natation dont on fait vite le tour…l’aspect multi-disciplinaires.

 

Après quelques années chez les jeunes dans un club local, j’ai basculé sur le longue distance dans la catégorie séniors et j’ai intégré le team pro de Monaco Triathlon. Cette année j’ai changé pour rejoindre un club belge sponsorisé par le Groupe Gobert.

 

Pour évoluer à ce niveau, tu as signé de beaux résultats, tu peux nous donner quelques lignes de ton palmarès?

 

3ème du championnat de France Elite, 3ème du triathlon longue distance de l’Alpe d’Huez, victoire sur le Natureman, victoire sur le triathlon des gorges de l’Ardèche, 6ème de l’Embrunman et sur la distance 70:3 mon meilleur résultat est 7ème sur l’Ironman 70:3 d’Afrique du Sud.

 

Tu n’es pas satisfait de ta saison 2018, pourquoi?

 

Ce fut une saison en demi-teinte en effet, en raison de nombreux changements au niveau de l’entraînement. J’ai préféré me gérer tout seul sur le plan de l’entraînement et j’ai donc cessé ma collaboration avec mon coach. 

 

Mais sur la première partie de saison, des problèmes au pied m’empêchaient de terminer les courses. Heureusement, avec l’aide de spécialistes j’ai trouvé une solution pour rééquilibrer le pied.

 

 

Je me suis remotivé pour m’aligner sur l’Embrunman, une course qui m’a toujours stimulé et j’étais à un point où je pensais carrément couper la saison pendant un moment. C’était trop difficile et frustrant de me donner à fond à l’entraînement pour ensuite ne pas finir les courses.

 

 

"QUAND ON VOIT CERTAINS CHRONOS...ON SE POSE DES QUESTIONS"

 

 

Sur un vélo tu as l’allure d’un véritable pro.

 

Bon, l’allure ça ne fait pas tout! A défaut d’avancer il vaut mieux être beau…non je rigole! Très clairement le vélo est mon point fort en triathlon. La natation, je me débrouille pour tenir le groupe de tête sauf s’il y a des gros nageurs qui font la différence. A vélo, je tire mon épingle du jeu.

 

Je travaille beaucoup la course à pied en ce moment, pour combler mes lacunes et me rapprocher des meilleurs du circuit.

 

 

Tu as des temps de référence?

 

En temps de course, sur mon premier championnat de france longue distance, j’ai tourné à 1h18 sur le semi. Sur l’Embrunman, qui a un parcours vallonné, je cours environ en 3h15.

 

Tu as le statut de pro. Tu en vis?

 

Je ne travaille pas à côté du Tri, mais je passe des formations pour après. Je suis sur un BTS diététique. 

 

L’enveloppe que me donne le club n’est pas suffisante pour vivre correctement du triathlon. J’ai des avantage avec des partenaires techniques qui me fournissent du matériel comme les cycles Léon, les roues Duke, MX3 Nutrition, Skerchers Performance et les pneus Continental bien sûr.

 

 

 

J’ai donc du matériel gratuit, sur lequel je gagne en revendant mon équipement en fin d’année.

 

Le club, en revanche, participe largement aux stages et aux frais de déplacement pour se rendre sur les compétitions. Pour rester dans le budget, on s’y prend quand même à l’avance pour trouver les billets et les hôtels moins chers.

 

Cette année j’ai fait le choix de limiter mes déplacements. Le plus loin sera Marbella en Espagne.

 

Je me considère plutôt comme un semi-pro: je cours dans la catégorie pro, mais je n’en vis pas. Peu d’athlètes en France peuvent ne compter que sur le triathlon.

 

Quel regard portes-tu sur le niveau des performances qui ne cesse de progresser sur les Ironman? Toujours plus vite, toujours plus fort…

 

On voit certains chronos…on a l’impression qu’il n’y a pas de limite. Les temps de certains athlètes sont parfois plus rapides que sur distance courte alors qu’il y a le double et que l’effort est solitaire! 

 

 

 

En tant que pratiquant, je sais qu’il y aura toujours des athlètes hors norme génétiquement qui sortiront toujours du lot mais on a l’impression qu’il n’y a pas forcément de limite, certains font des Ironman tous les 15 jours en montant sur le podium. Quand on connaît l’impact de l’effort, on se dit que ce n’est pas possible et on a la sensation que le Tri tombe un peu dans le problème du cyclisme quand on regardait l’Alpe-d’Huez à la télévision.

 

D’un côté c’est impressionnant, mais si on analyse c’est limite « douteux ». Il n’y a pas de certitudes et aussi très peu de contrôles sur ces courses-là. On ne sait pas si c’est clair ou pas, mais les gens sont impressionnés.

 

Est-ce que le monde du triathlon est vraiment un grande famille ou tout est « fun » ou, en réalité, on retrouve les mêmes problèmes qu’ailleurs?

 

La perception de la « réalité » dépend de l’état d’esprit de chacun. Tout comme dans la vie quotidienne il y a des gens qu’on apprécie et d’autres moins. 

 

Le type de course influence aussi la perception. Il y a des « triathlons du coin » où l’ambiance est vraiment familiale, on est côte à côte avec des athlètes de renom, on a tous le même effort à faire. Cet aspect rend le triathlon « familial ».

 

Après, cela reste une course, avec des rivalités plus ou moins marquées en fonction des affinités. Mais globalement il y a une bonne ambiance sur les triathlons.

 

 

Jusqu’où peux-tu aller Kévin? Quelles courses sont dans tes cordes?

 

S’avancer à dire « je peux gagner telle ou telle course » est un peu prétentieux. Disons que je suis attiré par Embrun, et qu’avec l’âge je passerai de mieux en mieux. Je voudrais aussi performer de mieux en mieux sur le circuit Ironman, très important pour le club aussi. Il me faudra passer des caps en course-à-pied, elle est souvent décisive.

 

Tu suis un triathlète de près, tu as un modèle?

 

Je n’ai pas un nom en particulier, mais j’aime les athlètes offensifs qui savent prendre des risques et qui attaquent. J’aime regarder le Tour de France et je préfère un coureur qui attaque tête baissée qu’un Nairo Quintana qui fait 3 semaines dans les roues en attendant que ça se passe.

 

Quelle est ta passion en dehors du sport?

 

J’adore la cuisine. C’est un hobby. J’aime élaborer des petits plats comme les lasagnes aux légumes et poulet. En dessert, les tartes au noix et caramel beurre salé.

 

Je ne suis pas du tout strict sur le régime alimentaire. En particulier l’hiver, je ne me prends pas la tête. Je n’ai pas une nature physique à prendre beaucoup de poids. Manger de bonnes choses en quantité est un tel plaisir que je ne peux pas m’en passer, je n’ai pas envie de peser mes aliments!

 

Plus tard dans la saison, l’affûtage se fait tout seul avec les entraînements, la chaleur et les repas plus légers.

 

Quand je prépare un Ironman, j’inclus dans plans nutritionnels pour optimiser l’économie d’énergie du corps.

 

Tu pèses combien?

 

L’hiver ou l’été? (rire) Je fais 1m83 et 70 kilos, je descends vers 68 l’été

 

D’autres passions?

 

Par ailleurs, j’aime m’instruire sur la culture musicale et cinématographique. Je suis passionné par les films thrillers et gangsters. Mon préféré? Les Affranchis.

 

 

Avec quels pneumatiques vas-tu rouler cette année?

 

Avec les GP 5000 Tubeless que je monte sur mes roues de montagne ou sur ma roue pleine. 

 

C’est une évolution au niveau du rendement, du confort, de la résistance à la crevaison et surtout de la tenue de route par tous les temps, le point fort de Continental.

 

Le Tubeless a aussi un côté très pratique pour préparer les roues avant les courses. Avant j’utilisais les boyaux Continental Compétition mais il fallait s’y prendre à l’avance et ça laissait un peu de colle à boyaux sur les doigts!

 

Quel sera ton programme de courses en 2019?

 

Je débute avec l’Ironman 70:3 à Marbella fin avril. Ensuite j’enchaîne avec le 70:3 d’Aix-en-Provence ou celui du Luxembourg. Mon gros objectif de début de saison sera l’Ironman de Nice. Ensuite viendra le longue distance de l’Alpe-d’Huez, celui de Gérardmer et un dernier en Belgique.

 

LA VIDEO-CONSEIL DE KEVIN

 

 

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