Rudy Molard vise un top 10 aux Ardennaises

17.04.2018

 

Rudy Molard est le coureur français dont tout le monde parle en ce début de saison. Vainqueur d'une magnifique étape sur Paris-Nice, 3ème du Haut-Var, 15ème à l'Amstel Gold Race. Nous l'avons interviewé alors qu'il se trouvait dans son hôtel en Belgique, quelques heures avant les classiques ardennaises et quelques minutes avant le massage.

 

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Pas de souci, écoutez directement Rudy Molard dans notre podcast Top Cyclisme. Si vous naviguez sur portable, cliquez sur "Listen in the browser"

 

 

Rudy, vous faites partie des jeunes Français qui marchent bien en ce début de saison 2018. Beaucoup de coureurs se cassent le nez chez les pros. Quel est le secret pour sortir du lot?

 

L’abnégation, ne rien lâcher, toujours y croire. Puis, un jour, ça paye. 

 

Qu’est-ce que vous avez changé dans votre façon de vous entraîner depuis votre passage chez les pros?

 

Je fais beaucoup plus de longues sorties, d’intensités, plus de travail spécifique, chaque année on augmente les charges d’entraînement.

 

Une semaine d’entraînement de Rudy Molard c’est combien d’heures de selle?

 

Entre 15 et 30. Je suis les programmes de Julien Pinot, le préparateur de l’équipe Groupama-FDJ.  Il est difficile de faire une moyenne, parce que parfois je roule 15 heures une semaine et 30 la suivante, les sorties varient entre 2 heures et 7 heures.

 

 

Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant chez les pros par rapport au niveau amateur?

 

La vitesse pendant la dernière heure de course! Chez les amateurs, on est tous cuits au bout de 5 heures alors que chez les pros, c’est le moment où ça commence à rouler vite, c’est une différence énorme.

 

 

« Même si Peter Sagan est à-côté, il ne faut

pas forcément lui céder la place"

 

 

D’après vous, les structures du monde amateur préparent-elles correctement les jeunes à entrer dans le monde pro ou alors, en raison du niveau déjà élevé (surtout en France), un jeune doit déjà se « cramer » pour passer pro?

 

Le système français est bon, il y a des jeunes qui débarquent en étant déjà au niveau comme Valentin Madouas ou David Gaudu chez nous par exemple. Ils sont déjà prêts pour leur première année pro. 

 

Après, il faut toujours un temps d’adaptation. Quand je vois les distances chez les amateurs, c’est toujours plus court que chez les pros, il est certain qu’il faut travailler ce type d’endurance en particulier. Mais globalement le niveau amateur en France est bon.

 

Dans une récente interview, Julien El Fares nous disait que les jeunes qui arrivent dans le peloton aujourd’hui ne respectent plus vraiment la hiérarchie. Faut-il être décomplexé pour se faire une place dans le peloton?

 

Décomplexé oui, irrespectueux non. On voit parfois des jeunes faire l’intérieur en prenant des risques pour eux et les autres, ça c’est un peu « limite ». Il faut se placer, mais proprement, en respectant les autres coureurs.

 

 

Quand on est jeune on ne se rend pas forcément compte des risques, on en prend plus…Maintenant il faut faire sa place aussi, ce n’est pas parce qu’on a Peter Sagan à côté de soi qu’il faut forcément le laisser passer.

 

 

« Aujourd'hui toutes les descentes se font à bloc"

 

 

On a la sensation en regardant les courses que les descentes sont de plus en plus décisives. Il faut désormais être un grand descendeur pour gagner des courses?

 

Oui, c’est vrai. En étant bon descendeur on ne gagnera pas forcément mais si on ne descend pas bien on risque de perdre. Aujourd’hui, le niveau en montagne ou dans les bosses est assez homogène, et les descentes, même loin de l’arrivée, se font à bloc, on cherche à pousser l’autre à la faute.

 

C’est un point qui a changé depuis que je suis passé pro: les descentes sont maintenant primordiales et on les travaille même à l’entraînement.

 

Justement, comment peut-on s’entraîner?

 

A l’entraînement, on ne peut pas prendre des risques démesurés sachant que la route est ouverte à la circulation. Parfois, au sommet d’un col, je me dis « Allez, cette descente je la fais avec de l’engagement, un peu vite », sans prendre non plus de gros risques, je fais ma descente proprement en essayant de ne pas sortir de la ligne du milieu.

 

 

 

"Avec Continental je suis serein!"

 

 

Je fais comme si les pointillés étaient un petit muret et je me concentre sur mes trajectoires. Cela me permet d’avoir davantage de facilité à suivre le rythme en course. C’est vrai que maintenant les descentes sont vraiment importantes et il ne faut pas laisser trop d’énergie en arrivant en bas complètement épuisé parce qu’on a fait 15 sprints pour rester dans les roues.

 

Les pneumatiques Continental utilisés par votre équipe, bien connus pour leur « grip », ont forcément beaucoup d’importance. Vous roulez avec quels pneus?

 

A l’entraînement j’utilise les pneus GP 4000 S II et en course des boyaux Continental Compétition. Sur une étape de course à étape avec du bon bitume je gonfle à 7,5 bars, si le goudron rend un petit peu moins bien à 7 bars. S’il pleut, je descends à 6.8.

 

Au cours de votre carrière vous avez utilisé d’autres marques de pneumatiques, en quoi Continental se démarque de ses concurrents?

 

L’atout numéro 1 c’est la tenue de route. Ce sont des boyaux qui tiennent vraiment, en conditions séchantes ou humides, ce sont les meilleurs boyaux que j’ai jamais vus. Par le passé, sous la pluie, j’avais peur en descente, maintenant avec Continental je suis serein!

 

 

Quel est le point faible que vous devez travailler? On a l’impression que vous êtes super polyvalent.

 

La polyvalence, c’est ma force, c’est vrai. Mais j’aimerais améliorer mon chrono, améliorer aussi mon sprint. En cas d’arrivée en petit groupe, je sais que je suis rapide, mais pas assez pour être confiant et m’imposer. 

 

Après ce très bon début de saison, quels sont vos objectifs?

 

Briller sur les classiques ardennaises. J’ai déjà fait une belle 15ème place à l’Amstel Gold Race, c’est une bonne performance, surtout après ma chute sur le Tour du pays basque. J’avais un très bon niveau avant de tomber. Rentrer dans les 10 premiers sur les 2 classiques, ce serait déjà très bien.

 

 

 

 

 

 

 

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