Fred Horny, l'aventure à VTT

08.04.2018

 

Fred Horny est un ex-pilote de haut niveau en cross-country et descente. Moniteur de ski l'hiver, il vit sa passion du vélo d'avril à octobre. Dans cette interview il nous parle de sa façon de voyager, de ses prochaines destinations et partage son expérience sur les petites choses qui font la différence.

 

 

Vous n'avez pas le temps de lire? Vous pouvez simplement cliquer sur notre podcast Top Cyclisme ci-dessous pour écouter Fred "LIVE".

 

 

Fred, peux-tu te présenter pour les gens qui ne te connaissent pas encore?

 

Je m’appelle Fred Horny, j’ai 33 ans, alsacien d’origine, j’habite aujourd’hui à Val d’Isère. Je suis vététiste, aventurier « all mountain ». J’ai d’abord couru en ski à haut niveau puis je suis passé au VTT via le cross-country (coupes de France et d’Europe). Ensuite j’ai basculé sur le vélo de descente, pendant plusieurs saisons j’ai participé à des compétitions nationales et internationales.

 

Ensuite je suis entré dans le monde professionnel: j’ai travaillé dans un SAV, dans l’événementiel puis dans le marketing pour une marque de vélo (Lapierre). Maintenant je suis vététiste à plein temps et je conjugue cette passion avec celle du ski pendant l’hiver.

 

La compétition est derrière toi désormais. Quels sont donc les stimuli qui te poussent à pédaler, quel type d’émotion recherches-tu?

 

Pendant longtemps j’ai effectivement été motivé par le challenge, l’entraînement et la volonté de performance. Toujours aller plus haut, le souci du petit détail…cette expérience me sert encore aujourd’hui, mais j’ai un peu perdu cette notion de performance pure et dure. 

 

J’ai toujours été passionné de montagne, découvrir de nouveaux horizons avec mes skis de randonnée ou avec mon vélo, et ce depuis mon plus jeune âge. J’aimais déjà dénicher des sentiers inexplorés et tester de nouvelles descentes, seul ou avec mes copains. Rien de tel qu’un beau coucher de soleil avec un bel effort en montée juste avant, moi je vibre pour des choses comme ça!

 

 

Mes envies aujourd’hui, c’est donc plutôt de découvrir de nouveaux pays et de nouveaux sommets à gravir. Cela me motive beaucoup et me permet de me surpasser pendant les voyages que j’entreprends pendant l’année et pendant l’entrainement assidu auquel je soumets mon corps toute l’année pour toujours repousser mes limites dans la mesure du raisonnable: faire un sommet de plus, une nuit en autonomie en plus…c’est avec ça que je m’éclate vraiment.

 

Tu es un garçon solitaire dans l’âme, tu pars souvent sans assistance, en comptant uniquement sur toi…

 

J’ai toujours aimé être seul en montagne, cela implique certaines précautions comme communiquer son itinéraire à l’avance. Mais on a de nouveaux espaces en étant seul, et en Haute-Tarentaise chez moi, on est très vite dépaysé, l’aventure commence rapidement, on se retrouve loin de tout lieu habité. J’aime beaucoup ça.

 

Avec les copains je pars sur les grands voyages pour découvrir de nouveaux pays à plusieurs. On partage de bons moments ensemble mais parfois j’aime aussi être seul pour rouler à mon propre rythme, communier avec la nature dans le silence. 

 

 

ALLEMAGNE, NORVEGE, USA, KIRGHIZISTAN, ITALIE...

 

 

Sur de petits trajets, des rides d’une demi-journée, j’emmène parfois mon berger australien pour développer notre complicité, mais je n'exagère pas pour ne pas trop la fatiguer!

 

Parmi les voyages que tu as déjà réalisés, quels sont ceux que tu estimes vraiment mémorables?

 

J’ai habité pendant un moment au Canada, à Montréal, et j’ai vraiment apprécié l’état d’esprit des gens là-bas. Bien sûr, la nature est très belle dans le nord avec les monts Chic-Chocs, mais ce sont les gens qui sont exceptionnels au Québec.

 

Plus jeune, j’ai découvert l’Allemagne, un pays que je sous-estimais. J’ai fait beaucoup de sorties là-bas et c’est vraiment très beau.

 

Enfin, récemment j’ai été frappé par les rencontres humaines et les sommets grandioses lors de notre voyage avec Tito et Jérôme dans les Anapurnas et jusqu’au Tibet. Un très grand souvenir de ma carrière de vététiste!

 

Beaucoup de gens aimeraient sûrement t’imiter mais la question du budget se pose: comment couvres-tu tes dépenses?

 

J’ai des sponsors très fidèles qui m’aident. Lapierre m’a toujours soutenu, en tant que pilote et aujourd’hui encore, Mavic et d’autres m’aident aussi. Bien sûr, mon activité de moniteur de ski l’hiver me permet de vivre le restant de l’année hors du vélo.

 

 

Tu partiras très prochainement, fin avril, pour une traversée de la Forêt Noire et des Vosges. Explique-nous le pourquoi de ce voyage Fred.

 

La Forêt Noire m’a toujours passionné. Elle offre de grands espaces, peu connus, mais qui regorgent de sentiers que j’aime beaucoup rouler. On y trouve plein de petits lacs, c’est très beau. C’est aussi près de la Forêt Noire que j’ai débuté ma carrière pro quand j’étais jeune.

 

Je tenais à faire ce voyage en autonomie: j’aurai une petite tente qui se fixe au guidon, pour dormir seul quand c’est nécessaire. Le reste du temps, je m’arrêterai dans des petits refuges où l'on fait toujours de belles rencontres.

 

Comment t’organises-tu pour les ravitos sur ce type de voyage?

 

J’apporte des barres, relativement sophistiquées, qui permettent de tenir 2 jours si besoin. Pour l’eau, il y a les torrents de montagne, mais avec une précaution importante: la récupérer le plus haut possible pour éviter l’eau en contrebas des troupeaux. J’ai aussi des pastilles purificatrices au cas où.

 

Quand on passe dans un village, je m’arrête pour faire quelques provisions, mais je dispose d’un sac-à-dos de 30 litres, c’est vraiment le minimum vital pour moi et mon vélo. C’est sûr, on n’a pas forcément le café torréfié le matin même, mais justement, quand 3 jours plus tard on tombe sur une belle boulangerie et qu’on boit un bon café, on apprécie encore plus le moment.

 

Question hygiène, quelles sont tes solutions pour pouvoir changer ton cuissard régulièrement et éviter les risques d’allergies?

 

J’ai des savons bio qui respectent la nature. Spécialement étudiés pour ce type d’aventure. Je les ai utilisés au Népal où je me suis lavé dans un ruisseau à 3900 mètres d’altitude et en même temps je faisais la lessive.

 

Le but est de toujours avoir un cuissard de secours dans le sac: une fois lavé, on l’accroche au sac-à-dos pendant qu’on roule pour qu’il sèche, en espérant bien sûr qu’il ne pleuve pas. Avec 2 paires de chaussettes, un maillot et un cuissard de rechange, on est plutôt bien.

 

Ton programme indique ensuite un passage en Norvège, explique-nous ce que tu y feras Fred…

 

J’y tiens tout particulièrement, je le réaliserai avec un ami qui est photographe à l’agence Elite. Il photographie des mannequins à longueur d’année mais il adore la nature. On s’entend à merveille, l’an dernier on avait déjà réalisé un reportage ensemble dans le Queyras, de refuge en refuge. 

 

 

"CHAQUE VOYAGE EXIGE BEAUCOUP DE PREPARATIFS, MAIS LA RECOMPENSE EST GRANDE ENSUITE"

 

 

C’est un perfectionniste: il aime les belles images, les belles photos, il ne les retouche jamais. Comme moi il aime le silence dans la nature. Au début on voulait monter en Islande mais à cette période c’était trop touristique.

 

Nous avons donc opté pour la Norvège où l’on montera en voiture, on alternera nuits en tente, en refuge et chez l’habitant. Le séjour durera entre 15 et 20 jours, le but est de ramener de belles images et si possible une belle vidéo.

 

Puis tu penseras déjà à ton déplacement suivant: le Vermont aux US.

 

J’adore ce coin de la planète. Je disais précédemment que j’ai vécu au Québec et l’un de mes amis d’enfance habite là-bas. L’idée est de montrer qu’on peut faire un voyage dépaysant à petit budget. Je descendrai avec mon pote du Canada vers Boston avec les transports en commun. Et de là on repartira à vélo vers Montréal sur les trails de ces montagnes qui ressemblent un peu au Jura et aux Vosges, même si les sommets sont un petit peu plus hauts.

 

 

La série continue, tu t’envoleras ensuite pour le Kirghizistan… 

 

Dans ce cas j’emmène dans mes bagages un ami alsacien qui pédale fort parce que je sais par expérience que ce type de voyage plus rude nécessite une volonté de fer, avec de longues journées sur le vélo et des sentiers qui ne sont pas toujours passionnants à rouler…

 

On part à l’inconnu tous les deux, on ne connaît pas le pays et on veut l’explorer pendant 3 semaines en autonomie et parfois dans des yourtes.

 

Le plus gros problème dans ce coin fin septembre, c’est…la neige. Dans ce cas on adaptera le parcours. On est vraiment excités de partir tous les deux, un beau challenge.

 

Comment transportes-tu ton vélo en avion?

 

J’ai une housse perfectionnée et aboutie fournie par un sponsor, j’enlève juste les pédales, les disques, les roues mais pas la fourche. Une fois emballé, je suis environ à 17 kilos housse comprise, donc si je prends un bagage en soute (sans autre bagage, le vélo est admis comme tel), je sais qu’il me reste environ 8 kilos de marge pour charger un pneu de rechange, quelques outils nécessaires…

 

En cabine j’emmène mon petit sac-à-dos pour rouler dans lequel je fourre mes vêtements. Je me souviens d’un ami qui est arrivé à l’aéroport avec ses chaussures de vélo aux pieds pour optimiser le poids! En règle générale, j’arrive toujours à passer sous les 24 kilos avec mon vélo et le reste.

 

Cette housse, tu la laisses où une fois sur-place?

 

Généralement, j’essaie d’avoir un bon contact local, pas forcément un cycliste, mais des trekkers ou des globe-trotters, que je contacte sur des blogs. Grâce à leurs conseils, je trouve un bon hôtel où passer une ou deux nuits pour récupérer du voyage et s’acclimater. Si tu prends une nuit au début et une nuit à la fin du voyage, l’hôtel accepte de te garder des affaires.

 

Dernière date, à la fin de la saison, tu seras à Finale Ligure en Italie.

 

Le programme a un peu changé, ce sera sûrement en juin. Un projet à vélo de route pour un magazine. Le but est de partir de la maison à Val-d’Isère et de rallier la Ligurie en passant par l’Iseran et d’autres beaux sommets, 900 km environ en prenant les petites routes. 

 

Les vététistes connaissent bien Finale Ligure puisque chaque année la finale des Enduro World Series s’y déroule. J’ai pas mal de potes qui y seront fin mai, début juin. Je vais leur demander d’apporter mon VTT pour pouvoir rouler sur les pistes une fois à destination.

 

Un programme 2018 bien rempli…tu te projettes loin avec autant de voyages? Jusqu’où iras-tu?

 

C’est vrai que chaque voyage suppose beaucoup de préparatifs, il faut étudier le sujet en amont et surtout partir avec les bonnes personnes, j’entends par là des gens qui sont mentalement solides pour affronter certaines situations et aussi bien entraînés. J’ai un contrat de 2 ans avec Lapierre donc je pense repartir sur une autre saison dense en 2019.

 

Je trouve mon équilibre parce que de novembre à avril je suis à la station et je ne bouge pas du tout, complètement immergé au fond de la vallée avec ma petite famille.

 

Je suis vraiment emballé par cette vie itinérante et je compte profiter à fond de ces 2 années. Ensuite, je passerai mon diplôme d’enseignant à vélo et pourquoi ne pas continuer en emmenant des groupes à l’aventure dans des pays que je connais déjà, ça pourrait me motiver…

 

 

Tu utilises un combo particulier, Baron Projekt devant et Mountain King derrière. Peux-tu nous expliquer ton choix?

 

Le Baron Projekt, c’est un pneu que je connais depuis quelques années, qui a évolué ces 3 dernières années, qui a le gros avantage de ne pas être trop lourd dans sa version 2.4.

 

Il est doté d’un excellent grip latéral sans toutefois trop empêcher le roulement, sur certaines étapes on a besoin d’un pneu avec un bon roulement et c’est vraiment le pneu qu’il faut. J’aime bien les petits sentiers un peu techniques et là on peut tout passer sur le pneu avant, le Baron a le grip parfait sans être trop lourd.

 

Derrière je monte le nouveau Mountain King en 2.3 qui vient de sortir, un pneu qui a un profil plutôt roulant avec une surface de freinage qui reste relativement bonne, très bon grip latéral, qui permet donc un bon pédalage et ça économise le pilote. Excellente résistance à la crevaison pour l’avoir déjà bien testé dans les cailloux. J’utilise ce combo dans 95% des cas et j’en suis ravi. 

 

Et quand tu es sur route?

 

J’utilise les GP4000 SII, comme beaucoup de coureurs. Ils sont réputés pour leur grip, leur longévité, leur rendement et offrent un très bon confort grâce à un ballon un peu plus grand que la moyenne qui améliore le rendement selon les études techniques.

 

 

Tu es aussi équipé par Sigma avec le puissant éclairage Buster 2000. Quand l’utilises-tu?

 

Je le prendrai peut-être pour mon voyage en Forêt Noire. A pleine puissance (2000 Lumens) on a une autonomie de 3 heures par contre si on économise un peu la batterie en modérant la puissance on peut avoir un éclairage qui tient pendant 25, 30, 35 heures et qui propose l’avantage d’avoir une batterie de secours en plus. Le Buster pourra me servir pendant mes évolutions la nuit. 

 

Je roule aussi sur un modèle de VTT électrique en carbone. Habitant à Val d’Isère, la journée je fais du ski et le soir il fait relativement vite nuit. Or dans la station on peut rouler en nocturne sur de belles pistes damées en VTT électrique! J’ai donc utilisé le Buster 2000 plusieurs fois à cet escient et c’était vraiment excellent, j’y voyais quasiment comme en plein jour.

 

 

 

 

 

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