Alizée Patiès, championne du monde Xterra 2018

13.11.2018

Vouloir devenir championne du monde c'est bien, le devenir c'est mieux. Alizée Patiès a concrétisé son objectif à Hawaï en octobre. Elle est championne du monde de Xterra 2018.

 

Dans cet entretien elle vous explique comment elle s'est préparée, le déroulement de la course et se projette déjà en 2019, quand elle passera pro.

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Vous pouvez l'écouter grâce à notre podcast Top Cyclisme (disponible sur GooglePlay, iTunes, Deezer, Spotify et Soundcloud).

 

 

Alizée, comment te sens-tu avec un titre de championne du monde?

 

En toute honnêteté, j’ai du mal à réaliser. Je ne m’y attendais pas forcément. C’est cool mais ça ne change pas grand chose au quotidien. C’est une forme de récompense pour le travail fourni. Quand je vais recommencer, je repartirai de zéro. Mais mentalement ça fait du bien et ça m’encourage à continuer.

 

Tu as reçu des félicitations?

 

Oui, j’étais vraiment étonnée. Beaucoup de gens m’ont encouragé et pas forcément des personnes auxquelles je m’attendais. Cela a été une source de motivation. Il y avait du monde derrière moi qui attendait un résultat. Quand c’est difficile en course, on y pense.

 

 

 

Tu étais la plus forte dans l’absolu ou tu étais la plus forte le jour de la course?

 

Je suis partagée…c’était la première fois que je nageais dans l’océan, je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec les vagues et j’ai perdu beaucoup de temps par rapport à mes temps d’entraînement. La personne qui gagne le jour du championnat du monde est certes forte physiquement, mais surtout mentalement. 

 

Quand je suis sortie de l’eau j’étais loin des premières et j’ai dû tout donner du début à la fin parce que ça s’est joué sur un rien. La deuxième fille est à peine à 3 minutes derrière moi après 4 heures d’épreuve! 

 

Il fallait tout le temps être à fond dans la course et ne rien lâcher parce que ça pouvait revenir de derrière à tout moment.

 

 

 

Comment t’étais-tu préparée pour ce rendez-vous?

 

C’était un objectif-clé de l’année. J’ai axé la fin de ma préparation sur ces championnats du monde. Par contre j’ai tenu à rester moi-même le jour de la course, je ne voulais pas me stresser toute seule.

 

C’est une course comme une autre, il faut être capable de performer comme sur les entraînements ou une course régionale. Je me le suis répété avant de partir, profite à fond et cours sans ne rien changer.

 

Tu étais à combien d’heures d’entraînement par semaine en phase de préparation?

 

Je me suis énormément entraînée les mois précédents et j’ai bien récupéré les deux semaines avant l’événement. Je me sentais de mieux en mieux, mon corps s’était habitué à cette charge d’entraînement.

 

 

"En 2019 je passe pro"

 

 

Raconte-nous la course…

 

Quand je suis sorti de l’eau, je ne savais pas trop où j’étais. Mes parents, au parc à vélo, m’ont donné l’info: « Tu es en 4ème position de ta catégorie! ».

 

Là j’ai compris qu’il me fallait tout envoyer à vélo mais aussi que j’en garde pour la course-à-pied parce que le terrain était très boueux. Courir dans ces conditions-là demandait beaucoup d’énergie, c’était épuisant.

 

J’ai essayé de remonter progressivement, j’ai repris petit à petit toutes mes concurrentes et ensuite j’ai encore appuyé pour creuser un écart parce que je savais que certaines filles couraient plus vite que moi.

 

 

J’ai tout misé sur le vélo parce que, si j'étais parti en course-à-pied avec une ou deux concurrentes, je risquais de perdre le titre.

 

Cela dit, j’ai beaucoup bossé ma course-à-pied en fin d’année pour limiter ma perte de temps alors qu’en début de saison j’avais surtout préparé le cross-country, en participant même à une épreuve de Coupe du monde.

 

Tu avais monté quels pneus Continental pour rouler dans la boue?

 

J’avais mis un Cross King devant et un Race King derrière. J’ai hésité à monter un Mud King pour la boue mais je craignais que cela soit difficile à emmener et lourd à porter. Finalement, cela n’aurait rien changé, on était toutes dans le même cas, en train d’enlever la boue, c’était un champ de bataille. 

 

Tu repars de Hawaï avec quels souvenirs?

 

J’ai nagé avec des tortues, c’était vraiment le paradis ! Je me suis éclatée, il y avait une très bonne ambiance sur la compétition Xterra, avec un belle solidarité entre Français. Un magnifique partage. Le mauvais souvenir, c’est d’avoir été piquée par une méduse 2 jours avant l’épreuve.

 

 

J’imagine que tu as déjà envie de défendre ton titre?

 

En fait, je ne pourrai pas le défendre l’an prochain, j’ai vraiment envie de passer pro. Ce sera une autre expérience, il faudra voir si je réussis à me qualifier dans cette catégorie.

 

Tu passes pro à partir de janvier 2019 donc…

 

Oui, je reste au Team Volt. C’est un choix personnel. Chez les amatrices il n’y a pas beaucoup de filles, je veux voir si je marche chez les pros.

 

Pour l’entraînement, pas grand chose ne changera, je calerai mes séances dans mon emploi du temps en fonction de mes études et de mon travail. Je suis curieuse de voir ce qui se passera chez les pros et de mesurer mon évolution.

 

Vous pouvez suivre Alizée Patiès sur sa page Facebook et son profil Instagram.

 


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