Gauthier Loncke vit pour la DH

02.11.2018

Gauthier Loncke a 22 ans, il vit près de Genève, au pied du Mont Salève. Il est passé au vélo de descente après une décennie en motocross.

 

Trop de blessures à moto, un budget élevé à sortir, alors l’idée de se lancer à fond dans le VTT a commencé à lui trotter dans la tête.

 

Après une course régionale open « pour voir » où il termine 2ème, il prend une licence l’année suivante. Quatre ans après, il participe à la coupe d’Europe de la spécialité et rêve désormais de coupe du monde…

 

Vous n'avez pas le temps de lire cette interview? Vous pouvez simplement l'écouter grâce à notre podcast Top Cyclisme

 

 

 

Gauthier, quelle est la différence de préparation entre le motocross et le VTT de descente?

 

Quand je faisais du motocross je faisais déjà beaucoup de VTT cross-country pour la préparation physique. Ensuite, j’ai fait du BMX et du Dirt pour tout ce qui est aérien, un plus quand on fait du motocross. En fait, j’appréciais déjà ces deux sports.

 

Tu regrettes de ne pas avoir débuté plus tôt en DH?

 

Effectivement, plus tu attaques tôt cette discipline plus tu as des qualités sportives et techniques. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû débuter directement à 10-11 ans.

 

 

Il y a des jeunes cyclistes qui nous lisent, quel(s) conseil(s) leur donnerais-tu pour bien commencer?

 

Déjà rouler pour le plaisir avant tout! Inutile de se mettre la pression ou d’avoir celle des parents, cela doit rester un plaisir. Ensuite, rouler, rouler, rouler, avec le roulage tout vient plus facilement.

 

Faut-il être doué dès le départ ou la technique s’acquiert avec le temps?

 

Il ne faut pas forcément être doué. Bien sûr, certains ont « un don », et sont bien aidés par des parents qui ont un passé de sportifs, mais je pense qu’une personne qui a de l’ambition peut très clairement arriver au niveau souhaité.

 

Sur un run, qu’est-ce qui a le plus d’importance? Le mental ou la technique?

 

La technique et le physique, le mental peut jouer mais il ne faut rien regretter. Si on arrive en bas du run en se disant « j’aurais dû faire comme-ci ou comme-ça, ce n’est pas bon, on n’a qu’une envie c’est de remonter pour refaire le run mais justement…ce n’est pas possible.

 

Comment finances-tu ton expérience à haut niveau qui comporte de nombreux déplacements?

 

Heureusement certains sponsors m’aident au niveau matériel et moi je m’occupe de financer les trajets, péages, autoroutes…

 

Tu fais quoi dans la vie?

 

Je suis électricien, aucun rapport (rire).

 

 

Quel regard portes-tu sur ta saison 2018?

 

Ce n’est pas si mal, j’ai assez bien roulé en coupe d’Europe, j’ai fait de bons résultats. Il m’a manqué un peu de régularité, j’ai raté 2 ou 3 finales où je suis tombé, j’ai eu des problèmes mécaniques (j’ai cassé des dérailleurs plusieurs fois en pleine finale).

 

Sur la globalité je suis plutôt satisfait, je ne me suis pas blessé, sauf à la fin de la saison mais les compétitions étaient déjà terminées.

 

Quels objectifs pour 2019?

 

J’aimerais déjà arriver sur toutes les super finales de coupe d’Europe. Si on n'y accède pas, on marque beaucoup moins de points au classement général. Oui, participer à toutes les super finales, ce serait déjà bien.

 

Comment négocies-tu l’intersaison? Tu coupes complètement? 

 

Je fais beaucoup d’enduro mais je coupe complètement le VTT DH. Je fais pas mal de ski de randonnée pour le physique. Mais je roule toujours à vélo au moins 2 fois par semaine.

 

Dans une récente interview avec les Ticket 2 Ride, Aurélien Falbo nous disait qu’on assiste de plus en plus à un rapprochement de la DH et de l’enduro, tu confirmes?

 

C’est très vrai, je suis moi-même très attiré par l’enduro, je veux m’y mettre sérieusement la saison prochaine sur des week-ends qui ne tombent pas en même temps que les épreuves de DH. Cela me plairait vraiment de compléter avec des courses d’enduro régionales ou de coupe de France.

 

Quand on regarde tes réseaux sociaux, on a la sensation que tu es un descendeur sérieux et très concentré sur tes objectifs, finalement assez éloigné du stéréotype du descendeur un peu tête brûlée.

 

J’aime donner une belle image de moi sur les réseaux sociaux. Toute ma vie tourne autour du vélo, je ne poste rien de trop personnel. C’est du fun mais avec sérieux.

 

De quoi rêves-tu?

 

Clairement de rouler sur des coupes du monde. Pour l’heure je ne suis pas encore assez régulier sur les coupes d’Europe, mais si je pouvais avoir le prestige de rouler sur une piste de coupe du monde, ce serait merveilleux.

 

Tu as des modèles en DH?

 

Un nom direct: Brendan Fairclough, tant pour la qualité de ses réseaux sociaux et de l’image qu’il procure de lui, que pour sa carrière, 10 ans de coupe du monde. Certes il n’a jamais gagné, mais il a fait des podiums et il mérite le respect.

 

 

Donne-nous ton avis sur les pneus Continental que tu utilises…

 

Personnellement, je fais un mix de 2 pneus: un Baron Projekt à l’avant et un Kaiser à l’arrière, sauf quand le sol est meuble ou très mouillé, je mets 2 Baron ou si vraiment il y a beaucoup de boue, je mets 2 Mud King.

 

Le Kaiser est un pneu qui est beaucoup moins difficile à emmener quand les pistes sont roulantes et qu’il y a des relances au pédalage, même sur des pistes très rocheuses avec des parties en racines, ce pneu a un super grip si c’est sec, on le ressent.

 

Le Baron s’utilise sur un sol plus meuble, des appuis avec beaucoup de poussière ou en cas de pluie qui humidifie le terrain. Pour la grosse boue qui colle le Mud King est parfait.

 

J’ai parfois utilisé avec succès le combo suivant: Mud King devant dans des conditions de grosse poussière et un Kaiser à l’arrière pour avoir le grip et ne pas perdre l’avant dans les appuis.

 

Jusqu’à quand penses-tu courir à haut niveau?

 

Le plus longtemps possible! Jusqu’à 30 ans ce sera bien vu les blessures que j’ai déjà eues…

 

Lesquelles?

 

Je suis tombé il y a 2 ans me fracturant les vertèbres T4, T5, T6; je suis passé à quelques millimètres de la moelle épinière, j’ai frôlé la paraplégie et je suis passé par 6 mois de rééducation, une grosse galère, je ne savais pas si je pourrais refaire du vélo un jour. Même aujourd’hui, les médecins me conseillent d’éviter la DH mais quand on aime…

 

Tu t’entraines où?

 

J’ai la chance d’habiter près du Mont Salève, un gros caillou près de Genève où il y a pas mal de pistes sinon je roule régulièrement en Suisse sur Verbier ou Champéry, un domaine ouvert assez tard et cool.

 

Vous pouvez suivre Gauthier Loncke sur sa page Facebook ou son profil Instagram.

 

PS: Gauthier vous apprend à faire un MANUAL :)

 

 

 

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