Pour Fred Austruy le vélo est un show.

10.07.2018

 

Fred Austruy est professionnel depuis 10 ans. Spécialisé dans le Freeride et le Freestyle, il fait aussi de l’enduro, de la descente et un peu de vélo de route. « J’aime toucher à tout dans le monde du vélo », aime-t-il répéter. Nous l’avons interviewé entre deux de ses spectacles.

 

Vous n’avez pas le temps de lire l’interview? Vous pouvez simplement l’écouter sur notre podcast Top Cyclisme ici:

 

 

Quelle a été ta progression pour passer pro? Avant, tu jouais au football à un bon niveau, tu as même fait de la compétition en pétanque. Comment es-tu passé au vélo?

 

J’étais effectivement bien parti pour faire une carrière sympa en football parce que je devais intégrer le centre de formation d’Auxerre. Etrangement, en section foot, j’ai sympathisé avec un jeune qui faisait du vélo, il m’a fait découvrir sa passion et ce qui a fait la différence pour moi c’est l’ambiance, moins prise de tête et la possibilité d’être immergé dans la nature. 

 

C’est également une discipline où la progression est sans fin, sans limite. On peut construire ses modules de ses propres mains avec des troncs d’arbre par exemple

 

 

D’après ce qu’on peut lire sur toi, tu aimes aussi être ton propre patron, la hiérarchie ce n’est pas forcément ta tasse de thé…

 

(sourire) C’est vrai que j’aime être indépendant. J’ai d’ailleurs créé ma société dans l’événementiel, Bike Résolution, qui me permet de vendre des shows « free style »; on a du BMX, du VTT et d’autres disciplines. Dans le cadre de mon entreprise, je propose aussi beaucoup d’initiation, au VTT Trial, au free style, à la draisienne…On est partout en France sur divers événements, pas forcément vélo d’ailleurs.

 

La première année est cruciale quand on lance son entreprise, quels sont tes premiers résultats?

 

J’avais précédemment travaillé pour les deux plus grandes entreprises de spectacles free style en France pendant 10 ans, en parallèle avec ma carrière sportive. J’ai donc toujours eu un pied dans le monde du spectacle et j'ai accumulé pas mal d’expérience. En créant ma société, je savais déjà où j’allais, et c’est plutôt bien parti.

 

Quelle est ta touche personnelle dans tes prestations?

 

Nous proposons des disciplines que d’autres entreprises n’ont pas: le foot free style par exemple, on a du parcours free run, nous axons beaucoup nos produits sur l’initiation, on aime transmettre nos passions, en BMX ou VTT.

 

Dans un premier temps on montre au public ce que l’on peut faire avec la machine et dans une deuxième on fait participer les gens pour qu’ils découvrent notre univers. Si on peut faire naître des vocations, c’est une belle récompense.

 

Ton métier comporte une part de risque. Quand tu pars travailler, il y a un risque d’accident.

 

Avec les années d’expérience on réussit à minimiser ce risque, on sait ce que l’on peut faire ou pas. Certains jours on prend plus de risques que d’autres. Sur certains shootings vidéo, on part de la maison et on se dit: « J’espère que je reviendrai entier ce soir… ». 

 

 

Quel est ton regard sur l’évolution de ta discipline. Où est-on en train d’aller?

 

Je suis hyper passionné par le slope style, je regarde toutes les compétitions, tous les « live », les « replays », et il est vrai que le niveau augmente d’année en année, c’est hallucinant.

 

C’est devenu un sport à part entière, les athlètes se préparent en salle de sport, ils font beaucoup de préparation mentale. On est dans le haut niveau, alors qu’à l’époque des riders arrivaient le samedi à 10 heures pour les qualifications après avoir fait la fête la nuit précédente.

 

C’est fini tout ça, tout le milieu s’est professionnalisé, mais en même temps on a peut-être aussi perdu l’insouciance et le plaisir des débuts, c’est dommage.

 

Il devient de plus en plus compliqué de rouler sur la route avec l’augmentation de la circulation, l’imprudence au volant de ceux qui conduisent en regardant leur portable, sans parler du volume des véhicules qui augmente sans cesse. Ta discipline, qui se pratique dans la nature, va-t-elle récupérer des cyclistes routiers écoeurés par le danger?

 

Il est clair que le VTT est en pleine expansion, notamment avec les vélos électriques. On assiste à une révolution. Mon oncle et sa femme ont acheté deux VAE et font maintenant du vélo assidument. Beaucoup de gens qui ne pouvaient plus faire de vélo peuvent se faire plaisir sur des petits « singles ».

 

Moi je fais aussi du vélo de route, mais j’ai la chance d’habiter Millau, une région à faible circulation. Mais de là à voir les routiers passer au VTT, je ne sais pas vraiment…

 

Je pensais surtout aux enfants et aux générations à venir. Si tu es parent, tu hésites quand même beaucoup avant de laisser ton gamin aller faire du vélo seul sur la route à 14 ans…Du coup on l’inscrit au club de VTT par tranquillité non?

 

Je pense surtout que les jeunes ne sont plus attirés par la route mais cherchent des sports à sensation qui leur offre du fun et de l’action. Je m’en rends compte dans mes spectacles. 

 

A quoi ressemble ta vie d’athlète? Une journée-type?

 

Je n’ai pas deux journées qui se ressemblent, c’est ce que j’aime. Avec ma société, je n’ai pas autant de temps qu’avant, j’ai deux casquettes à présent. Je dois réaliser des projets pour les sponsors et gérer mon entreprise.

 

Je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur, je vais en salle de sport, je fais de la course à pied, je roule sur route pour la condition physique et j’essaie de faire du VTT Freestyle le plus souvent possible. Au total, je fais environ 20 heures de sport.

 

 

Tu soignes ton alimentation? 

 

Je fais attention, oui. J’essaie de manger le plus sain possible. Ma mère a un grand jardin, ce qui me permet de manger des légumes bio maison. J’ai un partenaires de nutrition énergétique qui me sponsorise aussi (Up'n Mind). J’évite tout ce qui est soda, je bois de l’eau. Je n’ai jamais bu une goutte d’alcool et je n’ai jamais fumé. Après, j’aime aussi me faire plaisir avec un bon repas.

 

Comment as-tu vécu la révolution digitale et l’apparition des réseaux sociaux? 

 

J’appartiens à une génération qui n’est pas née avec ces instruments. Les jeunes sont toujours très connectés, un truc de fou, moi j’essaie de faire le nécessaire, d’être à la page, mais je pourrais faire mieux. En général, je ne suis pas connecté, mais ça fait partie du métier. 24000 personnes me suivent sur Instagram et il faut leur donner ce qu’ils attendent.

 

Certains viennent te parler sur les shows? Tu es un modèle pour eux?

 

J’ai été très médiatisé en France, pendant longtemps j’apparaissais dans tous les magazines. C’est terminé aujourd’hui. Toutes les bonnes choses ont une fin. Parfois je reçois un message de gens qui me disent « ça fait plaisir de voir que tu es encore dynamique sur le vélo ». Des jeunes me suivent parce qu’on leur donne envie pendant nos shows.

 

 

Parle-nous des pneus Continental que tu utilises.

 

Dans ma discipline reine, le Freestyle, j’utilise comme tout le monde les Race King en 26 par 2.2, et ce depuis le début! Ils sont parfaits au niveau du poids, légers et résistants, avec une accroche idéale par temps de pluie. Avec ce pneu je peux rouler en toutes conditions. 

 

En descente j’utilise le Baron Projekt. Sa gomme est très tendre. Je l’utilise avec toutes les météos, pluie ou sec. C’est le pneu-phare de la DH. 

 

 

Pour en savoir plus sur Fred Austruy vous pouvez visiter son site personnel et sa page Facebook.

 

 

 

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