Denis Chevrot: "Objectif top 10 à Hawaï"

24.01.2018

En 2018 nous aurons le plaisir de suivre nos ambassadeurs sur les routes et sentiers du monde entier. Premier invité, le triathlète stéphanois Denis Chevrot, 2ème du 70.3 d’Aix et 3ème de l’Ironman de Nice.

 

Dans cette interview, il revient sur la saison 2017 troublée par une chute à l’entraînement en Australie et une erreur stratégique à Hawaï. Denis nous dévoile aussi sa préparation et son calendrier pour 2018 où il vise une place dans le top 10 à Kona.

 

(Crédit Photos: Look Cycle / Dmitry Kostyukov)

 

Vous n'avez pas le temps de lire? No problem, vous pouvez écouter l'interview grâce à notre podcast Top Cyclisme sur Soundcloud.

 

 

 

(Si vous naviguez sur portable, cliquez sur  "Listen in the browser")

 

Pour les gens qui ne te connaissent pas encore, quels sont tes points forts et tes points faibles?

 

Je viens de la natation, je suis donc un pur nageur au départ.  Mais on ne gagne pas un triathlon, et encore moins un Ironman, grâce à la natation. Je ne suis pas trop mal en course-à-pied, en particulier sur un "Half", mais il m’arrive aussi de très mal courir, comme cette année à Hawaï où je finis le marathon en 3h22…

 

Mon point faible, même si je tends à progresser, reste le vélo. Toutefois, grâce à mes entraînements et aux années de pratique, mon niveau à vélo est en train de rejoindre celui que j’ai en natation et course-à-pied.

 

Denis, quelle est ta journée-type en ce mois de janvier 2018?

 

 Il n’y a aucune journée qui se ressemble. Aujourd’hui c’était PPG, course-à-pied et natation. 

 

Quelle est ta charge de travail hebdomadaire?

 

Je n’ai pas fait les comptes pour 2017 qui vient de s’achever mais en 2016 la moyenne, qui tient compte des « petites » et des « grosses » semaines, était de 22 heures.

 

 

Tu travailles avec un entraîneur?

 

Oui, Christophe Bastie. Depuis mes débuts, fin 2010.

 

Quel regard portes-tu sur ta saison 2017?

 

Content de ma première partie de saison. Mon objectif était de me qualifier pour Hawaï et je l’ai fait grâce à de beaux résultats en France: 2ème du 70.3 d’Aix-en-Provence et 3ème de l’Ironman de Nice.

 

Par contre, en deuxième partie de saison, je voulais faire une belle course à Hawaï, mais j’ai explosé sur la seconde moitié du marathon. Je suis donc un peu moins satisfait de la fin de saison, et ce malgré ma victoire sur le "Half" au Portugal.

 

Comment expliques-tu ta défaillance à Hawaï?

 

C’est simple, j’ai voulu mettre un casque aéro sur le vélo pour économiser 3-4 watts. Ces casques sont beaucoup moins ventilés et ce jour-là il a fait très chaud. J’ai bien bu, mais j’ai énormément transpiré, et je l’ai payé à pied.

 

Mon coach m’avait pourtant bien dit de ne surtout pas mettre de casque de chrono mais un casque de route…C’était ma troisième participation à Hawaï et c’était la première fois que je mettais un casque profilé. Je ne recommencerai pas cette erreur, c’est certain!

 

Les performances des premiers à Hawaï ont été impressionnantes, comment juges-tu l’évolution de ton sport depuis que tu as débuté?

 

Je trouve que le niveau progresse énormément à vélo, mais pas trop dans les autres disciplines. Il est vrai que le record a été battu à Hawaï cette année, mais de 2 minutes seulement. Le précédent record datait de 2011 et celui d’avant, 1996, était de 8h04.

 

Certes, le niveau a beaucoup augmenté à vélo, mais en 20 ans le meilleur temps est descendu de 3 minutes seulement. Si on tient compte des vélos de l’époque, des notions moins avancées en aérodynamisme…le vainqueur de cette année fait un très bon vélo mais prend quand même un quart d’heure par les meilleurs.

 

 

Par rapport à cette élite hawaïenne, où te vois-tu, quelles sont tes limites sur ce parcours?

 

Bon, déjà il ne faut pas de fixer de limites par principe. Tout est possible sur une course. Après…je pense que je peux rentrer dans le top 10 si tout se met en place le jour J.

 

Alors justement, parlons de 2018, quelle sera ton approche à Hawaï et ton calendrier?

 

Je vais commencer comme l’an dernier par un petit Acquathlon local à Saint-Etienne, natation/course-à-pied. Pour l’instant ma première grosse course prévue c’est le 70.3 à Aix, mais si je suis vraiment en forme, j’envisage d’aller faire un "Half" en Chine mi-avril.

 

Je retournerai à Cairns (Australie) faire l’Ironman le 10 juin. L’an dernier j’y étais déjà mais je n’avais pas pu participer en raison d’une chute une semaine avant.

 

Une chute à l’entraînement?

 

Exact. J’étais en fin de sortie, la tête baissée en position aéro, les mains sur les prolongateurs, et je suis sorti de route. J’ai percuté un arbre la tête la première. J’ai fendu le casque.

 

J’avais juste un petit hématome au-dessus du genou mais il a mis plus d’une semaine à se résorber, ça m’empêchait de courir. Du coup je suis allé faire Nice et ça m’a plutôt bien réussi.

 

Cette année j’aimerais vraiment disputer l’épreuve et marquer les points nécessaires pour Hawaï. Sinon j’irai faire l’Ironman au Danemark au mois d’août.

 

Guyonneau Distribution te fournit les pneumatiques Continental. Quels sont tes choix pour l’entraînement et la compétition?

 

En ce moment, à VTT, je prends forcément les Trail King en 29 pouces. En vélo de route j’utilise les 4 Season, en 25 mm. Quand les beaux jours reviendront je repasserai en GP 4000 SII, toujours en 25 mm parce que je roule avec des jantes carbone Corima 26mm et l’ensemble est parfait. Je préfère les pneus aux boyaux parce que plusieurs études indépendantes ont démontré que le rendement est meilleur.

 

Il y a aussi un côté pratique qui motive cette décision. Quand je pars à l’étranger je n’ai pas tout un staff derrière moi et j’utilise mes pneus d’entraînement jusqu’à 2 jours avant la course, puis je monte mes pneus et chambres à air de compétition la veille de l’épreuve.

 

C’est quand même bien plus simple comme solution que de monter un boyau qu’on a pas pu faire sécher…Faut tirer sur les boyaux, même à deux c’est dur et ça mange de l'énergie.

 

 

Tu prends combien de roues pour chaque déplacement?

 

En général trois. Deux roues arrière et une avant. Si j’ai un problème, il y a toujours une façon d’en récupérer une sur place. Le milieu du Tri est solidaire et mes sponsors se mettent toujours en quatre pour me dépanner. 

 

Comment réussis-tu à conserver ton régime alimentaire à l’étranger?

 

A Cairns par exemple, où j’étais seul, je fais un gros caddie quand j’arrive, avec pâtes, riz, légumes…En Arizona et à Hawaï, ma compagne était là, et elle s’est occupée de tout.

 

Généralement j’arrive à trouver ce dont j’ai besoin. En Malaysie c’était plus difficile, mais l’alimentation est à base de riz donc ça allait avec les légumes du coin.

 

Mais attention, 2 à 3 jours avant la course je commence à réduire les quantités, et à 48 heures du jour J j’arrête les légumes pour éviter les problèmes de transit.

 

Comment supportes-tu le décalage horaire lors de tes déplacements à l’étranger?

 

Contrairement à la grande majorité, moi je digère mieux le « jet lag » quand je vais à l’Est qu’à l’Ouest. Hawaï a 12 heures de décalage avec la France.

 

Je suis arrivé à Kona le mardi et les gens me disaient « T’es fou de digérer 12 heures de décalage en 4 jours », mais en réalité je m’étais préparé 5 semaines aux Etats-Unis, en Arizona, où le décalage était déjà de 9 heures par rapport à Paris.

 

Il ne restait donc que 3 heures à assimiler en arrivant à Hawaï. En Arizona je me couchais à 22 heures et sur place j’ai conservé le même rythme, au lit à 19 heures, je pouvais ainsi avoir 8 heures de sommeil en me levant à 4 heures comme le jour de la course.

 

Tu simules toujours les heures de lever à l’entraînement?

 

Cela dépend. Quand je suis en Australie ou aux Etats-Unis, je commence tôt parce que c’est la culture là-bas et je m’adapte. Je me couche tôt et je me lève tôt. J’attaque à 6h du matin, mais j’ai au minimum 8 heures de sommeil, et parfois jusqu’à 10 heures.

 

Suivre Denis Chevrot sur son site http://www.denis-chevrot.com/

 

 

 

 

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