David Polveroni veut revenir au plus haut niveau.

04.05.2018

Le pur grimpeur grenoblois David Polveroni, gravement blessé en course le 20 mai 2017, fait le point sur sa convalescence et ses objectifs pour 2018. "J'ai les crocs" dit-il, affichant un moral au beau fixe.

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview? Vous pouvez l'écoutez ici grâce à notre podcast Top Cyclisme.

 

 

David, présente-toi pour les rares personnes qui ne te connaissent pas encore.

 

Je fais du vélo depuis l’âge de 8 ans. D’abord dans une école de cyclisme, avec quelques courses chez les cadets. Ensuite, j’ai un peu joué au football, suffisamment pour comprendre que ce n’était pas mon sport. Je suis revenu au cyclisme par le VTT puis à nouveau la route parce que j’aime le rendement, la vitesse, aller loin, monter des cols.

 

Je me suis inscrit à des cyclosportives et j’ai tout de suite gagné. J’ai compris que c’était ma voie. En parallèle je courais aussi en Elites en alternance mais le format de course ne me plaisait pas et je m’amusais beaucoup moins. J’ai donc insisté dans le monde du cyclosport depuis 2013.

 

 

Combien d’épreuves as-tu remportées?

 

Je ne sais même pas exactement…une trentaine. Les principales sont la Haute-Route des Alpes, la Haute-Route des Pyrénées, j’ai gagné 3 fois la Forestière, la Vaujany, la Cyclo Corse, La GF des 2alpes, la Luc Alphan, le Raid du Bugey, les Cimes du Lac D’Annecy, la Route Verte, la Bourgogne Cyclo et Triple vainqueur de la Forestière tu peux ajouter.… j’ai fait aussi des places intéressantes, 5ème à La Marmotte, deux fois 3ème des 3 Ballons et de l'Ardéchoise.

 

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à cet horrible accident.

 

Oui, j’étais en tête du Challenge du Vercors, dans une descente je me suis retourné pour regarder derrière moi et je me suis réveillé à l’hôpital après un choc frontal avec une voiture qui sortait d’un virage.

 

On a eu très peur pour toi, tu étais sérieusement blessé.

 

Fracture ouverte du fémur, explosé sur 8 centimètres. J’ai dû avoir une greffe en deux temps opératoires, d’abord avec du ciment à la place de l’os pendant 3 mois, puis après m’avoir prélevé de l’os sur la crête iliaque ils l’ont greffé. Maintenant l’os est complet, mais j’ai une plaque que je garderai 2 ans.

 

Après j’ai eu aussi 3 vertèbres brisées, l’omoplate et 3 côtes cassées, une paralysie du deltoïde, un pneumothorax, des contusions pancréatiques…

 

 

 

Est-ce que les médecins ont été surpris de la rapidité de tes progrès?

 

Oui mais ils craignaient toujours qu’il se passe quelque chose. Par exemple quand j’ai repris l’appui total, début décembre, ils disaient que je pouvais encore avoir une infection etc..

 

Un an après cet accident survenu le 20 mai 2017, où en es-tu physiquement et moralement?

 

J’ai réussi à remonter sur mon vélo de route le jour de Noël seulement. J’arrive enfin aujourd’hui à suivre un programme d’entraînement sérieux. Je dois composer avec les douleurs. Ma jambe a moins de puissance si je force beaucoup sur une longue sortie mais paradoxalement je suis davantage gêné au niveau des tendons si je veux faire 5 heures de marche en montagne.

 

 

 

Pendant ta convalescence tu as beaucoup communiqué sur les réseaux sociaux avec ta communauté. Les encouragements ont été importants pour toi?

 

Oui bien sûr, surtout au début. Les gens ont été vraiment derrière moi. Mais à présent beaucoup ne se rendent plus compte de ce qui m’est arrivé, ils me voient pédaler et pensent que tout est normal, mais il me faut une grande volonté pour rouler comme je le fais aujourd’hui.

 

Le cyclisme est un sport déjà très difficile quand on est à 100%, alors quand on reprend et qu’on est à 10%…et même maintenant je ne suis pas revenu à 100%. Il me faudra encore du temps pour me retrouver.

 

Etait-il vraiment nécessaire de tout montrer sur les réseaux en t’exposant avec photos de tes fractures depuis ton lit d’hôpital?

 

Oui, parce que les gens me demandaient des nouvelles sans arrêt et le plus simple c’était de le poster sur Facebook, mais je n’ai pas tout mis.

 

 

 

Quel est ton objectif à présent?

 

Retrouver le niveau que j’avais avant mon accident.

 

Tu vas à nouveau courir des cyclosportives?

 

Oui, très ciblées. Je ne ferai plus toutes les cyclos comme avant, je vais préparer certaines épreuves, les mieux organisées parce beaucoup sont chaotiques. L’Etape du Tour, la Haute-Route par exemple sont sérieuses et il faudra aussi voir ce que LVO va faire, on parle d’épreuves où les descentes ne seront pas chronométrées.

 

Après un tel accident, tu as peur sur la route?

 

Non, pas du tout. Je n’étais pas vraiment responsable de ma chute, je n’avais pas raté ma trajectoire. Je suis retourné la semaine dernière sur les lieux de ma chute, et je n’étais pas capable de me souvenir ce qui s’était passé et même où! 

 

 

 

Tu descends aussi vite qu’avant?

 

Oui, si je veux je descends très vite. Je ne le fais pas parce que je ne veux pas prendre de risques ou abîmer mon matériel en cas de chute. Je suis bien sûr un peu freiné à l’idée de rouler en peloton, je vais avoir peur des autres. Le jour où je reprendrai les courses, je veux être physiquement capable de partir devant en échappée si j’en ai envie, aussi pour éviter les risques.

 

Tu as une date en tête pour ton retour en compétition?

 

Dès cet été je ferai des cyclos.

 

Tu as utilisé plusieurs marques de pneus et de boyaux dans ta carrière. Depuis 2 ans tu roules en Continental. Parle-nous de tes sensations. Quel pneu utilises-tu en hiver?

 

4 Season et Gatorskin: très simple, 8000 kilomètres avec cet hiver et aucune crevaison! Je roule pourtant dans la région grenobloise où les routes sont très abîmées l’hiver avec du sel et des gravillons mais je le répète je n’ai jamais crevé. Je conseille vraiment ces pneus parce que l’hiver on peut crever avec les GP 4000, pas avec ceux-là.

 

 

 

Je voulais aussi du pneu qui accroche en descente, avoir de la sécurité par temps froid. Je ne roulais pas par temps humide mais les routes ne sont pas toujours sèches partout après la pluie et les 4 Season étaient top!

 

Les Gatorskin aussi méritent une mention spéciale, j’ai fait 4000 bornes avec sur la roue arrière sans jamais crever, super pneu d’entraînement.

 

Tu apprécies le fameux « grip » Continental?

 

Absolument et mentalement je suis aussi beaucoup plus tranquille dans les descentes. Je dois dire que la résistance à la crevaison des pneus Continental est aussi très importante parce que tu peux partir tranquillement sur une cyclosportive sans craindre de crever et de perdre la course.

 

Même à l’entraînement, tu n’as pas envie de changer ta chambre à air sur le bord de la route en plein hiver! Avec Continental tu es tranquille. Par contre (rires) il faut attendre ceux qui ne roulent pas en « Conti » et crèvent…

 

 

 

A quoi ressemble une semaine d’entraînement de David Polveroni début mai?

 

En ce moment je roule tous les jours si la météo le permet. Les gens peuvent me suivre sur Strava. Le mois dernier j’ai fait des blocs de 3 jours de foncier, une sortie de récupération, une journée intensité et rebelote. La semaine dernière j’ai aligné un 200 bornes, puis un 250…je mixe entre volume et intensités.

 

Cet hiver, j’ai fait toutes mes sorties sur routes « au feeling », sans compteur, juste avec ma montre, en faisant juste un petit sprint au sommet des bosses. Par contre, je faisais mes intensités sur mon home-trainer, tranquille, à la maison.

 

Tu suis un régime alimentaire particulier? Il y a beaucoup de modes…

 

Non. Je ne mange pas de MacDo parce que ce n’est pas de la bonne qualité mais sinon je mange des produits laitiers, du pain, du gluten, je ne me gave pas bien sûr. Parfois je remplace les barres de céréales, dont on finit par se lasser, par de petits sandwiches.

 

Dans le bidon?

 

Du sirop ou de l’eau.

 

 

 

 

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