Charlotte Morel veut décrocher Hawaï

28.02.2019

Charlotte Morel est une athlète connue et reconnue dans le monde du triathlon, plusieurs fois championne de France.

 

Elle s’est distinguée sur la scène nationale du courte distance d’abord et, depuis 4 ans, elle évolue sur distance Ironman et Half Ironman en cherchant bien sûr à décrocher le Graal: une qualification pour Hawaï.

 

Toutefois, le changement du processus de sélection complique sa mission. Entretien.

 

Vous n'avez pas le temps de lire? Vous pouvez écouter l'interview en cliquant sur le podcast ci-dessous:

 

 

Charlotte, cela n’a pas été simple de trouver un moment pour t’interviewer. L’emploi du temps d’un triathlète est très dense. Quel conseil donnerais-tu à ceux et celles qui se lancent dans la discipline et sont submergés?

 

Vivre sereinement en étant triathlète, c’est compliqué, il faut même oublier cette idée. Le triathlon a par définition 3 activités, cela multiplie les entraînements par 3, il ne faut délaisser aucune discipline. 

 

Clairement, cela demande beaucoup de temps, surtout si cela s’ajoute à un projet personnel ou professionnel en parallèle. Comme pour tout, c’est une question d’organisation. 

 

 

Ton emploi du temps est-il précis au quart d’heure près?

 

Absolument, tout est millimétré, les horaires, les entraînements, la récupération, le kiné, les heures de boulot. On n’a pas le choix, c’est un peu comme une vie familiale, si on veut trouver du temps il faut un agenda détaillé.

 

On parle beaucoup des méthodes d’entraînement mais rarement du sommeil. De combien d’heures as-tu besoin personnellement et que suggères-tu aux débutants?

 

Le sommeil, c’est très personnel. Certains ont besoin de beaucoup dormir pour se sentir bien et d’autres s’en sortent avec peu, 6 heures et quelques siestes…

 

Moi, avec mes 25 à 30 heures d’entraînement par semaine, il me faut au moins 8 heures de repos sinon je ne me sens pas d’attaque le lendemain.

 

En général, je dors entre 8 et 9 heures. Il m’arrive de faire des nuits plus courtes malheureusement mais dans ce cas je compense avec une sieste.

 

Comment fais-tu pour toujours avoir envie de t’entraîner après 15 ans de carrière?

 

Mes 10 premières années, j’étais alignée sur courte distance, avec un projet olympique, j’ai décroché plusieurs podiums au championnat de France (jeune, espoirs, élite), aux championnats d’Europe et du monde. 

 

La distance olympique n’était pas forcément adaptée à mes qualités. Ce qui m’a permis de tenir, c’est d’avoir renouvelé mes objectifs au fil du temps, notamment en abordant le longue distance il y a 4 ans. Je trouve que l’Ironman est un sport complètement différent. 

 

Un autre facteur a joué: je partageais tout cela avec ma moitié, Fred Belaubre, qui est récemment devenu mon coach. Ce changement a aussi apporté beaucoup, nous découvrons de nouveaux aspects dans notre relation. 

 

J’ai 2 projets forts: aller à Hawaï en pro et ensuite il sera temps de fonder une famille. 

 

 

Quelle note donnes-tu à ta saison 2018?

 

Pas simple…Ce fut mitigé. J’ai eu un début de saison difficile. Apprivoiser le circuit Ironman c’est dur, et c’est de plus en plus rapide. Je pense qu’il faut un peu d’expérience pour réussir à passer une course pleine.

 

Mes débuts en Afrique du Sud sur Ironman ont été compliqués. Après j’ai fait un Ironman Nice correct et un bel Ironman à Embrun. Ensuite je me suis blessée.

 

Enfin…j’ai été blessée toute la saison parce que la blessure a été progressive et de plus en plus douloureuse, au point de compromettre ma fin de saison. Oui, je suis assez mitigée sur ma saison 2018.

 

Tu as bien récupéré de cette blessure?

 

Oui, je me suis bien rétablie. Je n’ai plus de douleurs, mais il a fallu 3 mois d’arrêt complet!

 

J’avais plusieurs problèmes, tous localisés au même endroit. Une douleur sciatique qui descendait le long de la jambe, un début d’arrachement osseux du tendon sur l’ischio et un petit début d’hernie discale, qui peut être considéré « normal » avec l’usure sportive de  ma pratique.

 

 

Parlons de la saison 2019. Ton grand objectif est la qualification pour Hawaï en pro. Quelles seront les étapes pour y arriver?

 

Le système de qualification a changé, l’ancien Kona Pro Ranking est devenu un système de qualification par slot. Il y aura un ou deux slots par course, comprenez qu’il faudra faire 1 ou 2 par course. Il ne faudra pas se louper.

 

Avant, il fallait courir souvent pour marquer beaucoup de points, maintenant il faut courir peu mais bien. Je vais m’aligner sur des courses qui me correspondent le mieux au niveau vélo, des parcours avec du dénivelé où je m’exprime bien.

 

Je serai donc au 70.3 de Majorque et à celui de Barcelone, pour tenter une qualification au mondial 70:3 qui se déroulera à Nice cette année. 

 

Je serai aussi au départ de l’Ironman de Nice pour tenter le slot pour Hawaï.

 

Et si ça ne passe pas?

 

Il y aura une possibilité de rattrapage en juillet avec d’autres Ironman mais dont le parcours est beaucoup plus plat et moins favorable.

 

Je ne voulais pas débuter dès avril en Afrique du Sud. Quand on arrive du froid, le choc est dur à encaisser et désormais il ne suffit plus de disputer un bel Ironman, il faut gagner un Ironman.

 

Nice est une belle opportunité pour moi. L’an dernier j’avais loupé mon marathon. Mais si je sors une course pleine, ça peut passer. Il faut aussi un peu de chance.

 

 

Avec 15 ans d’expérience en triathlon, tu as du recul pour analyser l’évolution de ce sport. Qu’est-ce qui a changé? On a l’impression que le triathlon est de plus en plus populaire.

 

Avant c’était la mode du marathon, puis il y a eu le trail, et maintenant le triathlon est devenu une mode pour le grand public.

 

Auparavant c’était un sport qui effrayait, on trouvait ça dur, on avait l’image des concurrents à Hawaï qui arrivaient en rampant. On nous prenait pour des extra-terrestres alors qu’aujourd’hui on a l’impression que n’importe qui dans la rue peut dire « moi j’ai déjà fait un Ironman ». 

 

Tout s’est banalisé. Tant mieux pour notre sport. Au niveau médiatique et du sponsoring c’est bien. Et puis c’est un sport complet que j’encourage à pratiquer, il permet de muscler tout son corps.

 

En tant qu’athlète, je ressens vraiment cette évolution du triathlon.

 

Tu as monté MyTribe, une structure de coaching à Saint-Raphaël, avec ton compagnon Fred Belaubre. Quel est le premier conseil que tu donnes à ceux qui viennent?

 

Chaque personne est différente, on essaie justement de personnaliser nos conseils. Nous recevons des triathlètes de tous les niveaux, du débutant au sportif confirmé. On s’adapte à eux.

 

Pour commencer, rien n’est impossible, même celui qui pense ne pas être capable de nager - c’est la discipline qui fait le plus peur - on saura l’accompagner et l’aider à prendre du plaisir et atteindre ses objectifs.

 

 

Tu as le projet de fonder une famille. Feras-tu du triathlon après?

 

Je n’en ai aucune idée ! Je me donne encore 2 ans pour aller à Hawaï et après, je fonderai une famille. J’aimerais vraiment revenir au triathlon mais créer une famille c’est un bel objectif aussi. Franchement, je ne sais pas ce qui se passera après, difficile de l’imaginer.

 

 

Tu es ambassadrice Continental en 2019. Quel est ton choix dans la gamme?

 

J’utilisais les pneus Continental même avant d’être ambassadrice, c’est ceux que je préférais sur le marché, surtout en raison de leur résistance à la crevaison, ils ont un bon rendement, légèreté, réactivité. J’ai rarement crevé sur course avec ces pneus et pour moi cela reste la priorité.

 

Cette année j’utilise les nouveaux GP 5000. Je roule avec des Zipp à pneus et sincèrement je ne vois pas la différence de rendement avec les boyaux. Pour moi Zipp et pneu Continental c’est la roue parfaite.

 

Pour terminer, révèle-nous les applications que tu as sur ton smartphone.

 

J’en ai pas mal…J’utilise surtout Instagram, Facebook, LinkedIn. Je ne vais plus trop sur Twitter. J’utilise beaucoup Strava, OpenRunner. J’ai aussi des applis comme mariage.net. Musique? J’ai ma playlist sur mon iPhone avec mes musiques d’entraînement que je mets en boucle sur le vélo ou en course-à-pied. J’aime bien écouter de l’électro ou de la musique rythmée.

 

Vous pouvez suivre Charlotte Morel sur son profil Instagram ou sa page Facebook.

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