Camille Deligny déteste le cyclisme féminin

04.01.2019

 

Camille Deligny a délaissé le triathlon le temps d'une saison pour se consacrer au cyclisme féminin sur route. Dans cette interview elle confie à quel point son expérience a été désastreuse. La mentalité entre filles est détestable. En 2019, elle reviendra au triathlon longue distance.


Vous n'avez pas le temps de lire? Vous pouvez écouter l'interview en cliquant sur la bande-son ci-dessous. Notre podcast Top Cyclisme est disponible sur Soundcloud, Deezer, Spotify, GooglePlay, TuneIn et iTunes.

 

 

Camille, ton expérience dans le monde du cyclisme féminin n’a pas du tout été concluante. Tu peux nous expliquer pourquoi?

 

J’ai eu l’opportunité de me tester sur route en intégrant le club Saint-Michel Auber 93. Mon objectif était d’y consacrer au moins la moitié de la saison. J’ai vraiment été déçue, c’est le moins qu’on puisse dire…

 

Ce milieu ne me correspond pas, je ne me suis jamais sentie à l’aise ni respectée, ni moi ni la gent féminine en général. J’ai préféré fuir et m’arrêter.

 

 

Concrètement, qu’est-ce qui t’a déplu?

 

L’état d’esprit. Quand on vient du triathlon, la différence est palpable. Moi, quand je vois des chutes sur le bord de la route j’ai envie de m’arrêter pour voir si tout le monde va bien, je n’ai pas du tout le coeur à continuer la course. 

 

Je ne suis pas dans un état d’esprit de guerrière comme les filles du cyclisme peuvent l’être. Cette mentalité « les unes contre les autres » ne me correspond pas du tout. 

 

La mentalité du triathlon est unique: il s’agit certes d’un sport individuel, mais on n’est pas là pour se marcher les unes sur les autres, nous sommes dans notre effort mais sans envie d’écraser les rivales. 

 

C’est la raison pour laquelle je ne me suis pas reconnue dans le cyclisme.

 

Au-delà de la mauvaise ambiance, est-ce que tu étais au niveau physiquement ?

 

Oui, j’étais au niveau des autres physiquement mais pas du tout mentalement, je n’étais pas prête à cette confrontation où il faut absolument remonter devant, quitte à pousser voire faire tomber les autres.

 

Ce n’est pas du tout dans ma nature, si ça convient à d’autres tant mieux, mais ce n’est pas ma mentalité. Au niveau physique j’étais bien là, mais mentalement je refusais l’affrontement.

 

Tu n’as donc jamais trouvé un scénario de course pour te permettre de te faire plaisir et de faire une performance?

 

J’étais tout le temps dix mètres derrière le peloton et évidemment je subissais les premières cassures. Donc à part m’amuser à ramener les filles du groupetto dans le peloton…je n’avais aucune raison de m’épanouir là-dedans. Je n’ai pas trouvé ma place dans ce milieu.

 

 

Tu as eu l’occasion de faire de belles courses ou tu t’es cantonnée à des critériums autour de l’église?

 

J’ai pu faire des courses en ligne mais le parcours est très souvent répétitif et sans grosse difficulté. Quand c’est vallonné, ce sont de petits « coups de cul », pas longs, or moi j’aime les parcours difficiles et les cols donc je n’ai pas eu l’occasion de faire la différence ou de me faire plaisir.

 

 

"J'AI RENOVE UNE GRANGE AVEC MON CONJOINT ET J'AI DESORMAIS UN ENDROIT OU TROUVER MON EQUILIBRE"

 

 

Quand as-tu pris la décision d’arrêter de courir et qu’est-ce que tu as fait après?

 

J’ai voulu poursuivre la saison pour honorer le contrat avec mon équipe, mon club n'avait au fond rien à voir à ce malaise…J’ai ensuite voulu me remettre au triathlon en août mais la reprise a été brutale, je n’avais ni couru ni nagé et…je me suis blessée immédiatement.

 

J’ai compris que je ne pourrais pas être compétitive et que la saison était terminée.

 

 

Tu as pensé à tout arrêter à ce moment-là non?

 

Oui. Je n’étais vraiment pas bien. J’ai du mal à tout combiner, le boulot, le sport…C’est dur sur le plan financier, je dois calculer au plus juste pour me rendre sur les compétitions. Cette saison je n’ai touché aucune prime de course, je n’avais que mon travail pour remplir le frigo. 

 

Cela a été un coup dur. J’avais perdu le goût du sport avec le cyclisme féminin, je me demandais si ma place était encore sur un vélo, à pédaler. 

 

En reprenant le triathlon j’ai repris goût à ce que je faisais avant et je me suis rappelée pourquoi j’aimais autant l’effort individuel. Il a fallu m’éloigner du cyclisme pour retrouver l’envie de faire du sport. Mais j’ai eu un gros passage à vide.

 

2019 s’annonce comment pour toi?

 

Je vais m’aligner surtout sur des triathlons distance Ironman, mon premier amour, « le long ». J’ai envie de m’épanouir à nouveau sur de longues distance, surtout en Europe parce que je n’ai pas les moyens d’aller plus loin.

 

Pour le moment mon programme n’est pas défini. Il faut encore que je retrouve mon niveau de toute façon, mais je suis sur la bonne route.

 

Tu t’entraînes comment ces jours-ci?

 

Je m’entraîne le matin et le soir après le travail. Ce sont de grosses journées, je rentre à 21h30 de l’entraînement. J’essaie de faire deux activités par jour. Et le week-end je case d’autres entraînements, je ne peux pas en mettre plus dans mon emploi du temps actuel.

 

 

 

Ta communauté d’amis sur les réseaux sociaux t’a soutenue pendant ton passage à vide?

 

Oui, j’ai été très surprise. De nombreux messages sont arrivés. En triathlon on est jugés sur le chrono et les résultats mais même après une année blanche, les messages de soutien et d’encouragement m’ont fait chaud au coeur et j’ai retrouvé l’envie de partager ma passion avec ceux qui m’ont témoigné de l’affection.

 

Ta famille te soutient ou te reproche de passer trop de temps à faire du sport?

 

Mes proches me soutiennent, ils sont derrière moi. J’ai aussi profité de cette année pour emménager dans une ancienne grange que j’ai rénovée avec mon conjoint. Cela m’a permis de trouver mon équilibre dans un endroit qui me plaisait. 

 

Ma famille me soutient moralement et, de toute façon, quoi que je fasse, ils seront là.

 

En 2019 avec quels pneumatiques Continental rouleras-tu?

 

Je roulerai en pneus tubeless, au moins à l’entraînement. J’ai hâte de tester les GP 5000. Pour les boyaux je roulerai avec les Compétition en 22mm.

 

PS: Vous pouvez suivre Camille Deligny sur sa page Facebook ou son profil Instagram.

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