Simon Rogier: "Le XCE c'est l'avenir".

18.09.2018

Simon Rogier démontre qu’à 32 ans, avec 2 enfants et une boîte qui tourne, on peut encore faire de beaux rêves et les concrétiser. Rencontre avec un pilote « hyper compétitif » qui pensait arrêter sa carrière mais va la prolonger parce qu'il s'amuse plus que jamais.

 

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Simon, présente-toi pour les gens qui ne te connaisse pas encore...

 

J’ai 32 ans, je suis père de 2 enfants et j’ai créé ma boîte BikeEnergy il y a 10 ans: je m’occupe de l’événementiel autour du vélo, on a des Pumptracks, on fait du Show Trial, des spectacles qu’on présente partout en Europe et même aux US.

 

Depuis 3 ans j’ai repris la compétition en Cross Country Eliminator (XCE), une discipline que Continental connaît bien puisque vous avez tous les meilleurs pilotes mondiaux.

 

Cette année j’ai eu la chance de décrocher une médaille de bronze aux Championnats d’Europe et l’année dernière j’ai gagné une manche de Coupe du Monde.  Depuis 2 ans je touche le haut niveau et je prends goût à la compétition.

 

Comment as-tu fait pour revenir dans le jeu à 32 ans, dans une discipline très exigeante physiquement et pour le cardio en particulier?

 

J’ai toujours été compétitif dès les jeunes catégories. Ensuite je me suis orienté vers le Trial en compétition. J’ai monté mon entreprise, entre travail et famille, je n’avais plus le temps nécessaire pour m’entraîner. Toutefois, je suis toujours resté dans le milieu via mon le boulot et mon rôle de coach.

 

 

En entraînant les coureurs, j’étais moi aussi sur le terrain et j’ai repris la forme il y a 4-5 ans, puis il y a 3 ans je me suis décidé à reprendre au niveau national. Avec les résultats j’ai eu la possibilité d’aménager mon emploi du temps pour m’entraîner davantage. L’entreprise étant établie et la famille aussi, j’ai aujourd’hui davantage de liberté pour me préparer et performer au plus haut niveau malgré mon âge.

 

Le fait d’avoir ta vie déjà « faite », avec travail et famille en place, n’est-il pas la clé qui te permet justement d’éviter la pression parce que le sport est secondaire pour toi?

 

Oui et non! Je suis très, voire trop, compétiteur dans l’âme, j’ai débuté il y a 2 ans « comme un cadet », je stressais comme un gosse et dans cette discipline on y laisse beaucoup d’énergie.

 

Certes le sport est accessoire et je n’ai pas la pression de devoir gagner ma vie  avec les compétitions, mais la pression est là et j’ai dû apprendre à la gérer comme un gars de 20 ans.

 

Tu as préféré ta saison 2017 ou celle en cours 2018?

 

C’est vrai que l’année dernière j’ai gagné une Coupe du Monde, j’ai découvert l’équipe de France avec les Championnats d’Europe où je fais 5ème, j’ai découvert les Championnats du Monde en Chine, tout cela était vraiment magique et exceptionnel.

 

 

Cette année j’ai été moins performant en Coupe du Monde mais j’ai quand même un podium aux Championnats d’Europe avec le maillot de l’équipe de France, alors je crois que je vais répondre que 2018 est ma saison préférée, également parce que j’ai appris à domestiquer la pression et je prends encore plus de plaisir désormais.

 

 

"LE XCE PERMET DE DETECTER LE POTENTIEL D'UN COUREUR DE XCO"

 

 

Jusqu’où vas-tu aller comme ça?

 

Dans un premier temps je m’étais dit que 2018 était ma dernière saison, parce qu’à un moment il faut s’arrêter. Mais cette année, comme je m’amuse beaucoup, je vais rembrayer au moins pour un an, on verra ensuite.

 

J’ai vraiment envie de développer cette discipline, de mettre l’accent dessus, avec des jeunes coureurs qui sont talentueux et qui ont envie de donner une belle image de ce sport, comme Lorenzo Serres et d’autres petits jeunes. Si je peux aider en mettant à disposition mon expérience et en organisant des stages, je le ferai avec plaisir.

 

Justement, si on te donne un jeune coureur de cross-country (XCO), est-il possible de le transformer en athlète de XCE ou alors faut-il obligatoirement des qualités innées?

 

Il faut des qualités innées pour être très performant, il faut être explosif en particulier. Dans la tête, psychologiquement, il faut être capable d’aller au bout du bout. Rien à voir avec l’expérience en cross-country classique où l’on se met dans un tempo pour ne pas se brûler les ailes. 

 

Un coureur de XCO peut progresser en XCE en travaillant spécifiquement certaines intensités. Je crois en revanche, que le XCE est la discipline parfaite pour détecter des potentiels en XCO!

 

Le XCE n’est-il pas appelé, de part sa nature explosive et spectaculaire, à un meilleur avenir médiatique, et notamment télévisuel, que le XCO?

 

Ca passe beaucoup mieux à la télé, c’est sûr! Et c’est aussi beaucoup moins lourd à gérer logiquement pour les médias parce que le nombre de caméras à installer sur un parcours de XCE est moins élevé que sur une épreuve de XCO. C’est plus spectaculaire et plus dans l’air du temps aussi.

 

On peut faire des circuits XCE en péri-urbain, dans les parcs et les forêts, mais aussi en plein centre-ville, ce qui permet d’attirer des partenaires indépendants de la pratique vélo. Je pense que l’avenir médiatique du XCE est très prometteur.

 

 

La discipline a été en discussion auprès du Comité Olympique pour remplacer le BMX Freestyle aux J.O il y a quelques années…ça reviendra peut-être bientôt. On voit que les choses vont changer, cette année les XCC (short tracks) sont arrivés sur les Coupe du Monde, le cross-country semble en pleine mutation.

 

Comment expliques-tu que les Français cartonnent dans cette discipline?

 

Titouan Perrin Ganier a toujours investi dans cette discipline pour se spécialiser, à l’époque nous avions aussi Kevin Miguel, et dès qu’il y a du niveau sur 2 ou 3 pilotes, ça tire tout le mouvement national vers le haut, tout le monde progresse. Il y a une telle densité de pilotes depuis des années qu’il faut être très fort même pour performer au niveau national en France.

 

Par ailleurs la Fédération a toujours veillé à ce qu’il y ait des épreuves XCE sur les Coupes de France, ça facilite donc les choses, plus il y a de courses, plus il y a de rivalités et plus tout le monde progresse.

 

Un petit pronostic rapide pour le Mondial, qui sera sur le podium?

 

Un podium de coeur serait un titre pour Lorenzo Serres, même si je suis moi-même engagé! Je le sens bien plus apte que moi à être champion du Monde. Titouan, avec sa capacité à être près sur les grands événements, ne sera pas loin non plus. Et quant à moi…je signerais bien pour un bronze comme aux Championnats d’Europe (sourire).

 

 

 

 

Tu utilises les pneumatiques Continental, donne-nous ton avis de pilote.

 

J’aime beaucoup les Continental CrossKing. On a tendance à choisir des pneus plus lisses sur les circuits plus roulants. Actuellement, on a besoin de flancs renforcés aussi, ProTection. Tous les coureurs sont à peu près sur les mêmes choix de pneus.

 

Le Continental CrossKing a du cran, je ressens qu’il ne se démonte pas, on peut sous-gonfler pour avoir une bonne accroche et même quand on vient en pression sur des virages relevés ou sur des bosses, on n'a pas l’impression qu’il se faufile sous nos roues.

 

Le cran, en XCE pur, on cherche à le diminuer, et le Continental CrossKing nous permet de travailler à la fois très gonflé ou sous-gonflé sur des circuits plus techniques, et on a toujours autant d’accroche et une bande de roulement qui nous permet d’être efficace sur les grandes relances.

 

Vous pouvez suivre Simon Rogier sur Facebook et Instagram.

 

 

 

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