Florent Vittoz, le VTT sans prise de tête

07.09.2018

Florent Vittoz n'est pas un arriviste, un "m'as-tu vu" comme on en trouve des quantités sur les réseaux sociaux. Il fait du VTT pour être avec ses amis et s'il investit tout son temps libre dans la production de photos et de vidéos, c'est pour vous apporter du bonheur. Sans ne rien attendre en retour. Un garçon intéressant.

 

 

Vous n'avez pas le temps de lire l'interview ou vous préférez l'écouter? Ok, notre podcast Top Cyclisme a été créé pour vous.

 

 

Comment vas-tu Florent? Tu étais aux urgences il y a deux jours…

 

Ca va super, merci. Finalement, ce n’est pas grave. Je m’en tire avec une petite luxation de l’épaule, la guérison sera rapide.

 

Tu as souvent chuté dans ta carrière?

 

Pas mal de fois, la plus grosse gamelle dont je me souvienne, c’est une clavicule cassée. Sinon des entorses, une vertèbre déplacée… Je n’ai jamais dû arrêter le vélo pendant de longs mois, ça fait partie de ce sport de toute façon.

 

Comment un rider qui a chuté sérieusement gère et surmonte sa peur ensuite? Prend-on réellement les mêmes risques après une blessure grave?

 

Dans les premiers temps, suite à une chute, une appréhension, bien normale, se manifeste. Mais il y a un côté positif. Une chute te permet d’analyser ton erreur et t’améliorer ensuite. Tu finis par comprendre où sont tes propres limites et à ne pas aller au-delà.

 

 

Quel est ton parcours personnel, comment es-tu arrivé sur les pistes de descente?

 

J’ai 21 ans, je vis à la Verpillière (38) depuis un an. J’ai emménagé à proximité de mon travail. Le vélo? Tout remonte à mon enfance, j’avais 10 ou 11 ans, et je regardais un film avec mes parents où deux gars dévalaient une piste à vélo à travers les sapins et ça m’a fasciné!

 

J’ai regardé sur internet, je me suis informé sur ce sport et depuis c’est devenu une passion. Hélas, je n’ai pas la possibilité d’investir 100% de mon temps dans le VTT, je ne suis pas pro, mais je fais le maximum.

 

Es-tu d’accord avec les gens qui soutiennent qu’on naît avec un talent pour le VTT alors que sur la route, un entraînement discipliné permet d’atteindre de toute façon un bon niveau?

 

Certaines personnes sont prédisposées pour le VTT. Les parents sont dedans, les gamins suivent le mouvement depuis leur plus tendre enfance, ça vient naturellement. En revanche, des personnes qui viennent tardivement à la discipline peuvent quand même, avec des entraînements conséquents, réaliser de très belles choses. Oui, le VTT ça s’apprend.

 

 

"AVEC PEU DE MOYENS ON PEUT FAIRE DE BELLES CHOSES ET DIVERTIR LES GENS"

 

 

 

Tu as grandi avec des modèles, des champions que tu admirais?

 

Oui, des gens comme Steve Peat, Cédric Gracia, des ambassadeurs du VTT. Mes parents n’étaient pas du tout dans le vélo. Pourtant, à un an, je faisais déjà des dérapages en tricycle! C’est le film dont je te parlais qui a déclenché ma vocation et, de vidéo en vidéo sur YouTube, de recherche en recherche sur le Net, j’ai bien sûr admiré et appris de beaucoup de champions qui m’ont influencé.

 

 

Qui selon toi a « la classe » parmi les pilotes? 

 

Les « free riders » canadiens et américains qui font des sauts surdimensionnés. Je pense bien sûr avec Kyle Strait, Brandon Semenuk qui n’est plus en compétition mais continue de faire de très belles vidéos avec des performances exceptionnelles.

 

Parmi les Français, Pierre Edouard Ferry, l’Espagnol Andreu Lacondeguy, des personnages atypiques dont le style de vie te donne toujours envie de faire du VTT pour chercher à t’améliorer et, pourquoi pas, égaler leur niveau.

 

Quelle est selon toi la journée parfaite en VTT? Ton « kif »?

 

Me retrouver avec tous mes collègues, un maximum de copains, pour une journée vélo sans prise de tête. Je fais des courses de temps en temps, en enduro ou en descente, mais mon « kif » c’est de rouler avec de très bons amis et découvrir la nature, des pistes, faire un bon repas le midi ensemble.

 

Justement, donne-nous un tuyau, quelle est pour toi, LA piste à faire en France? Ta préférée.

 

Personnellement, je conseillerais le Bike Park des Saisies. Je l’ai découvert il y a 3 ans. Très naturel, très bien entretenu, superbe paysage. J’adore aller là, c’est une petite station familiale, ce n’est pas trop fréquenté. On y trouve des pistes de tous niveaux, pour débutants et pilotes confirmés. Tu peux y aller en enduro, vélo de descente…

 

 

Tu as créé une jolie petite communauté Facebook et Instagram. Quelles valeurs souhaites-tu partager avec tes abonnés et, à ton avis, pourquoi te suivent-ils?

 

Je pense que les gens me suivent parce que je suis simple, authentique, transparent. Dans la vie de tous les jours je suis quelqu’un de drôle et je cherche à le partager.

 

Chez certains, dès que le sport prend une tournure importante, la communication change...moi je reste le même. De plus en plus de followers me suivent et ça ne changera jamais rien à ma façon d’être, à ma façon de communiquer. Je travaille souvent seul, parfois avec des proches. Avec un simple téléphone.

 

J’ai d’ailleurs une anecdote. Quand j’étais gamin, j’étais fan d’un groupe de riders qui voyageaient beaucoup, au Canada, en Nouvelle-Zélande, et faisaient de belles vidéos, bien réalisées.

 

 

Or l’autre jour, un ami m’invite à la pendaison de sa crémaillère et, par le plus grand des hasards, j’y ai rencontré trois de ses riders! A mon plus grand étonnement, ils me connaissaient et suivaient mes vidéos. Ils m’ont dit « on aime ce que tu fais, tu ne te prends pas la tête, c’est cool ». Cela m’a vraiment fait plaisir de voir que ma philosophie du vélo leur plaisait aussi.

 

D’ailleurs je reviens sur une partie de ma question, quelles valeurs veux-tu transmettre?

 

La passion du VTT. Mais c’est compliqué de faire passer un message très précis quand tu ne peux pas être à 100% dans ton sport. Mon travail me prend beaucoup de temps. Le message le plus important est celui-ci: "Les amis, malgré mon investissement professionnel, j’essaie de m’investir le plus pour partager avec vous de bons moments, de belles photos, et vous faire plaisir. » En résumé, montrer qu’avec peu de moyens, on peut faire de belles choses et vous divertir.

 

 

Tu es ambassadeur Continental, parle-nous des pneus que tu utilises.

 

J’ai clairement une préférence pour le Baron Projekt. C’est un pneu intermédiaire en conditions plutôt humides. Je l’utilise beaucoup en intersaison tant sur mon enduro que sur mon vélo de descente. Le Baron est très résistant. Je ne mets pas énormément de pression. Je viens de passer en tubeless. A l’avant 1.6 et 1.8 derrière, je n’ai pas un gros gabarit, je fais à peine 60 kilos.

 

Cet hiver j’ai testé le Mud King, très satisfait de son grip et de son utilisation dans la neige. Quelques glissades quand même, mais très bon.

 

Dans des stations « sèches » et rocailleuses comme Les 2 Alpes et l’Alpe d’Huez, j’ai testé le Kaiser, dont la gomme est bien plus dure que le Baron, et il offre une résistance supérieure sur ces terrains.

 

 

 

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