Mathis Azzaro, focus sur le Mondial

11.08.2018

Mathis Azzaro a 18 ans et déjà un gros palmarès. Mais il sait que de grandes étapes l'attendent pour confirmer son talent et il garde la tête froide. Dans cet interview il nous explique sa trajectoire, avec en tête un rêve, les JO. 

 

Vous n'avez pas le temps de lire? Vous pouvez écouter l'interview en clignant sur notre podcast Top Cyclisme ici:

 

 

Mathis, depuis combien de temps tu fais du vélo?

 

J’ai 18 ans et c’est déjà ma sixième saison en compétition sous les couleurs du club Passion VTT Venelles. J'ai le privilège d'être ambassadeur Continental et Giant. Je suis actuellement en Juniors 2ème année.

 

J’ai été champion de France en Cadets, j’ai terminé 4ème des championnats d’Europe avec le maillot de l’équipe de France l’an dernier et 3ème aux championnats du monde en relais et 6ème en individuel.

 

En 2018 j’ai gagné plusieurs Juniors Series, les manches de Coupe du monde pour les juniors: je m’impose à Marseille et en Autriche, je finis 2ème en Allemagne. Je tenais à remporter les championnats de France et d’Europe mais je me suis cassé la clavicule… Du coup, je reporte tous mes espoirs sur le championnat du monde, en espérant gagner le maillot arc-en-ciel.

 

Qui t’a « mis » sur un vélo?

 

Mes parents ont toujours fait du VTT en loisir, ils m’ont appris le vélo à l’âge de 3-4 ans, mais je pleurais quand mes parents voulaient qu’on fasse une sortie! J’ai pratiqué plusieurs sports, du motocross, de l’athlétisme et même du karaté, mais j’ai fini par me lancer dans le VTT parce que, une fois l’athlétisme arrêté, je m’ennuyais le mercredi après-midi… 

 

Alors j’ai déniché un vélo qui appartenait à mon frère dans le garage et j’ai roulé 3-4 mois comme ça. Mon entraîneur, en voyant que j’avais déjà un bon niveau et que je voulais toujours être le premier au sommet des bosses, m’a proposé de faire une course régionale. En peu de temps, j’étais passé du loisir à la compétition.

 

  

Pourquoi avoir choisi le VTT et pas la route?

 

Déjà parce que j’ai débuté à VTT, le vélo de mon frère dans le garage était un VTT, mes premières compétitions étaient du VTT et j’ai bien vu qu’il y avait la route comme alternative parce que j’avais gagné ma première course, les Championnats de Provence, mais c’est le plaisir qui a fait la différence, je m’amuse beaucoup plus sur un VTT!

 

Cela confirme une tendance de fond, les jeunes optent pour le VTT, et le danger de pédaler sur la route au milieu des voitures doit également compter dans ce choix non?

 

Absolument. Je connais des vététistes qui sont partis à l’entraînement sur la route et qui ont perdu la vie, à 18 ans… Et puis rouler tous les jours sur la route, avec la circulation, ce n’est pas le top.

 

 

« JE NE ME SENS PAS DU TOUT INVINCIBLE »

 

 

Qu’est-ce qui fait ta force? Tes qualités physiologiques? Ton pilotage? Les deux?

 

Un peu des deux je pense. Mes parents m’ont indéniablement transmis un patrimoine génétique de sportif mais j’ai aussi une bonne technique grâce à mon frère qui a fait beaucoup de motocross et qui m’a appris à descendre à VTT. Physiologie et technique, j’ai ça dans le sang.

 

Quand as-tu compris que tu étais vraiment doué pour cette discipline? 

 

Le déclic a eu lieu en 2013, lors de ma première course. Ce jour-là, je n’ai pas compris que j’étais doué, mais par contre j’ai réalisé que j’étais un compétiteur né. Il n’y avait aucun enjeu, j’étais parti en dernière ligne sur 70 coureurs. J’ai crevé et mon père m’a trouvé en larmes. Il était clair que j’avais la compétition en moi. Ensuite les résultats sont arrivés en Minimes 2 au Trophée de France des jeunes vététistes et j’ai compris qu’il fallait insister dans cette voie.

 

Avec de bons résultats comme les tiens et l’admiration de toute le monde, comment réussis-tu à combattre le danger de prendre la « grosse tête »?

 

Je ne me sens pas du tout invincible. Je gagne des courses, je suis souvent sur les podiums, donc ça attire l’attention mais il faut garder la tête froide, on peut toujours être battu, on ne peut pas toujours gagner.

 

Je pédale avant tout pour moi, pour le plaisir, la passion… Quand je gagne je partage la victoire avec tout le monde, je reste souriant, je préfère qu’on parle en bien de moi que mal dans mon dos, ce n’est pas du tout mon objectif. Je reste simple, je reste moi-même.

 

 

 Au stade où tu en es, le plaisir reste donc supérieur à la pression…

 

A l’entraînement je prends beaucoup plus de plaisir à VTT que sur mon vélo de route comme je l’ai déjà dit. Je n’ai pas forcément envie d’aller rouler sur route quand il ne fait pas beau ou qu’il fait froid.

 

En course, il y a toujours une compétition intérieure et extérieure qui n’est toutefois pas antagoniste avec le plaisir. Je me mets moi-même la pression et je me suis rendu compte que cette pression me manquait pendant ma pause forcée après ma clavicule cassée.

 

J’ai dû renoncer aux championnats de France et d’Europe et le stress de la compétition m’a vraiment manqué. Oui, finalement, la pression de la course me procure du plaisir.

 

 

"JE DEBRANCHE TROP LE CERVEAU PARFOIS"

 

 

Comment gères-tu l’équilibre entre études et vélo à haut niveau?

 

Il faut mener les deux de front, on n’est jamais sûr de pouvoir faire carrière dans le VTT. Rien n’est écrit, on peut se blesser, il y a beaucoup de concurrence, c’est compliqué de percer. Pour moi les études sont importantes, je fais au mieux. 

 

Depuis la Seconde j’ai un emploi du temps aménagé. L’année prochaine je fais un STAPS dont je pourrai continuer d’avoir du temps pour m’entraîner et j’aurai à terme un diplôme qui pourra m’être utile.

 

Et puis, selon moi, quand on réussit dans l’un on réussit dans l’autre, dans mon cas quand j’ai de bons résultats à VTT j’ai aussi de bons résultats à l’école.

 

Pour toi, quelle course faut-il gagner pour devenir un grand coureur dans le monde du VTT?

 

Les Jeux Olympiques. Devenir champion du monde chez les Juniors ou en Espoirs permet déjà de s’imposer comme un bon coureur, mais gagner 2 fois les JO comme Julien Absalon par exemple, permet d’entrer dans la légende.

 

Mathis, quels sont les points forts de ton pilotage et les points que tu souhaites améliorer?

 

Points forts? Je suis très polyvalent dans les montées et les descentes, j’arrive bien à enchainer les deux, j’ai une très bonne technique mais justement, et c’est mon point faible, je débranche parfois le cerveau dans les descentes et je pars à la faute. Il faut que j’arrive à être plus concentré.

 

 

Tu es ambassadeur Continental, dis-nous quels sont tes choix dans notre gamme de pneus?

 

Toute l’année je roule en Cross-King à l’avant et le Race King derrière. J’ai toujours opté pour cette configuration et ce par toutes les météos, sec ou humide. Je laisse systématiquement ce montage particulièrement polyvalent. Seule exception, quand il pleut vraiment beaucoup et que c’est boueux, je monte un Cross King derrière aussi.

 

J’apprécie vraiment le grip des pneus Continental, la gomme est super tendre, c’est très agréable à rouler, on ne glisse pas dans les virages, il y a toujours du grip en montée, on patine peu. Ce sont de très bons pneus et je n’ai jamais de crevaisons avec! Adhérence et résistance, c’est ce qui fait la différence.

 

Tu gonfles à combien?

 

Je suis un pilote qui met pas mal de pression dans les pneus, je gonfle à 1,7 à l’arrière et 1,5 à l’avant.

 

Vous pouvez suivre Mathis Azzaro sur sa page Facebook et sur son profil Instagram.

 

 

 

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